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Roschach, t. XIII, p

LES DÉPUTÉS A L.\ COUH. 155

depuis 1687 d'élire les députés; mais l'usage se maintint jusqu'en 1789 de les faire désigner par le gouverneur ou par le roi. Madame de Sévigné aurait bien voulu en 1689 que le choix tombât sur son fils, par la protection du duc de Chaulnes, son ami; mais le maréchal d'Estrées, commandant en chef, revendiqua ses droits pour nommer un protégé du courtisan Gavoye '. Chaque ordre avait son député auquel se joignait l'un des procureurs généraux syndics. En Artois, les députés devaient être approuvés par le gouverneur; mais les états gardaien t , au moins nominalement, le droit de les élire. En 1717, le régent appuyait M. de Créqui; la duchesse de Berry était favorable à M. de Mouchy, qui était assuré de la majorité; mais les états déférèrent au désir du régent, tout en le « suppliant de les maintenir dans la liberté qu'ils avaient de choisir leurs députés ' ».

Le Languedoc, la Bretagne, la Bourgogne et l'Artois eurent longtemps seuls le droit de députer à la cour. La Corse, puis le Cambrésis obtinrent cette faveur enviée. Les cahiers des petits états étaient rerais à l'intendant ou au gouverneur, qui se chargeait de les faire parvenir aux ministres ^.

1. Lettres de 3/™« de Sévigné, t. IX, p. 145, et l. I, p. 282. — Les étals de Bretagne comptent 50,000 f. pour leurs députation en cour et à la chambre. Les députés de la noblesse et du clergé recevaient chacun 15,000 f., celui du tiers 9,000. En Artois, ils ont 15 et 12 f. par jour. Le greflier de Languedoc touchait 4000 f. pour le voyage. (F. Filon, p. 65. — Arch. nationales, H. 748 ".)

2. Lettre de Bernage au duc de Noailles, Bibl. nat. fr., 11371.

3. Le député des états de Bugey se joignait aux élus généraux de

156 LES ASSEMBLÉES d'ÉTATS.

La réception des députés par le roi était un petit événement que les ^historiographes de la cour consignaient dans leurs tablettes et dont la Gazette de F/*«/ice parlait'. Après avoir été saluer le gouverneur, ils se réunissaient pour attendre l'heure de l'audience dans la salle des Ambassadeurs, où le cafetier du roi venait leur offrir du café , du thé ou du chocolat. Le gouverneur les attendait dans la chambre du roi , qui , à leur arrivée , leur faisait l'honneur de se découvrir et de les saluer, sans se lever de son fauteuil. L'évêque ou l'abbé, qui représentait le clergé, haranguait le souverain et lui présentait le cahier des remontrances, tandis que les députés du tiers état avaient un genou en terre. Le roi remettait alors le cahier à un secrétaire d'état, et tous les députés se retiraient à reculons, en faisant trois profonds saluts, le premier aux pieds du roi, le second au milieu de la salle et le troisième à la porte-.

Us étaient ensuite admis à l'audience de la reine, du dauphin et de la dauphine^. Le gouverneur leur offrait un grand dîner. Des fêtes leur étaient aussi données à Versailles, où les grandes eaux jouaient en leur honneur. Aussi répandaient -ils

Bourgogne, pour porter le cahier parliculier de ces états. (Arch. nationales, K. 686.)

1. Duc de Luynes, Mémoires, t. 1, p. 261 ; t. H, p. 30, t. III, p. 178; t. VIII, p. 275.

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