‹ La provinciale; piece en trois actesChapitre 17 sur 68 · SCÈNE VIII BERTHE, LE COMTE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII BERTHE, LE COMTE

LE COMTE

Uue véritable violationjde domicile, et le matin encore!... Mais pour certaines femmes, pas d'heure indue : leur empire est de tous les instants.

BERTHE

Pardon de vous recevoir dans cette salle à manger... au salon, le feu n'est pas allumé.

LE COMTE

On est bien, ici... Cette atmosphère de famille a tant de charme... Que de fois j'ai demandé à Maurice de me présenter !

BERTHE

Je vis très retirée. Dans nos petites villes, on a si peu l'habitude...

LE COMTE

Je n'en suis que plus indiscret... Je comptais ne m'adresser qu'à Maurice... puis, j"ai pensé qu'il valait mieux commencer par ses meilleurs amis... Yoilà que j'ai la chance de pouvoir me confier à vous... à vous seule...

BERTHE, déji émue.

Veuillez vous asseoir...

LE COMTE, s'asseyant.

Soit. Mais vous me permettrez de me lever de temps en temps : je me sens un peu nerveux ; il s'agit d'une chose tellement sérieuse... (n se lève.) Je vous vois pour la première fois, madame, mais je vous sais très bonne... Votre mari aussi est excellent... mais les femmes comprennent mieux et à demi-mot... Allons, je me perds en préambules... (u

marche un peu. Berthe le regarde, inquiète.) Tout à l'hcure, j'ai bien

VU que mon insistance à rester contrariait Maurice ; pourtant, il m'aime... plus que je ne le mérite. Moi aussi, je l'aime, mais les rôles sont renversés; il a pour moi une affection tutélaire, j'ai pour lui une tendresse déférente. Oui, je suis un peu comme le fils de mon fils. Il a un cer-

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