‹ La provinciale; piece en trois actesChapitre 52 sur 68 · ARDISSON, GEORGES · texte numérisé non relu

ARDISSON, GEORGES

GEORGES, ouvrant la porte de son cabinet.

Qu'est-ce que tu veux ?

ARDISSON

Tu es donc sourd ! Il y a une heure que je tambourine avec ma canne plombée...

GEORGES

Je n'ai rien entendu.

ARDISSON, examinant Georges.

L'air tout drôle... des yeux en compote... Eh ! je devine!... Ça m'arrive aussi quelquefois, de faire un dodo sur le papier timbré... Avoue que tu dormais.

GEORGES

Non, je travaillais.

ARDISSON

Tu penses à tes arois, toi!... Et notre rendez-vous au cercle?...

Il n'est pas cinq heures...

ARDISSON

Parbleu ! il en est six !... Au moins, si tu m'avais envoyé Maurice...

GEORGES

Maurice... je ne l'ai pas vu...

ARDISSON, étonné.

Comment ! Je vous ai laissés ensemble !

GEORGES, se rappelant.

C'est vrai... Pardon !... Il ne faut pas m'en vouloir... Aujourd'hui, j'ai la tête un peu... (un suence.) Allons, viens... je te suis.

ARDISSON

Au cercle?... Il est bien temps... Heureusement qu'on s'est passé de vous deux. (Radieux.) Mon bon, tout est arrangé...

GEORGES

Tant mieux.

ARDISSON

A l'amiable!... Et je suis venu te le dire... Imagine-toi que le colonel a tout appris.

GEORGES, distrait.

Ah!...

ARDISSON

Pas par moi, je t'assure!... Berneron avait vu les deux officiers entrer chez moi... Tu te rappelles que l'affaire a commencé à cause de Berneron... Je te l'ai raconté ce matin, l'incident des papillons, que Berneron, à cause de sa petite taille...

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