‹ La provincialeChapitre 19 sur 24 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

Cathos, Mde Lépine

Cathos. — Pardi, allez ! voilà une belle place que le second rang ! si j'étais aussi riche qu'elle, je serais bientôt au premier étage...

I Mde LÉPINE. — Il ne tient qu'à toi de t'y placer parmi

celles de ton état.

Cathos. — Oui ! tout ce que vous avez dit pour elle est donc aussi pour moi ?

Mde LÉPiNE. — C'est la même chose, proportion gardée. Adieu. Je suis d'avis d'aller lui aider à faire sa lettre.

Cathos. — Ah ! mais la mienne ?

Mde LÉPINE. — Dis à La Ramée que tu écris si mal, qu'il n'aurait pu lire ton écriture.

Cathos. — Attendez donc, Mde Lépine ? vous dites que tous vos enseignements à Madame me regardent aussi. Quoi, la politesse glorieuse avec mes rivales, la folie des paroles en devisant, et lés mains qu'on baise ?...

Mde LÉPINE. — Sans doute.

Cathos. — Et l'argent aussi ?

Mde LÉPINE. — Oui, suivant tes moyens.

Cathos. — Et l'honneur de La Ramée pour Notaire ?

Mde LÉPINE. — Il n'y a nulle différence ; sinon qu'il te sera permis d'être jalouse, jusqu'à décoëffer tes rivales.

Cathos. — Ha ! les masques... je vous les détignonnerai.

Mde LÉPINE. — Et que tu observeras de tutoyer La Ramée, comme il te tutoyera lui-même ; c'est l'usage. Adieu, le voilà qui vient ; je te laisse.

Page 1