‹ La provincialeChapitre 4 sur 24 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Le Chevalier, Mde Lépine, La Ramée

Le Chevalier. — Oh oui, Mde Lépine ; à vue de pays, nous viendrons à bout de cette femme-là. Elle a des façons qui nous le promettent ; et je prévois que nous la subjuguerons en la flattant d'avoir de bons airs.

Mde LÉPiNE. — Je n'en doute pas, moi qui la connais.

Le Chevalier, tirant une lettre. — Elle me paraît faite pour la lettre que je lui ai écrite, en supposant que je ne la visse pas chez vous ; et qu'elle ne refusera pas de prendre de votre main.

Mde LÉPINE la reçoit. — Oui, mais elle va revenir, et je ne veux pas qu'elle vous retrouve. Laissez-moi seulement La Ramée que je vais instruire de ce qu'il est bon que vous sçachiez. Il ira vous rejoindre, et vous reviendrez ensemble.

Le Chevalier. — Soit (à la Ramée). Je vais donc t'attendre chez moi.

La Ramée. — Oui, Monsieur.

Mde LÉPINE rappelant le Chevalier. — Chevalier, un mot... souvenez-vous de nos conventions après le succès de cette aventure-ci au moins ?

Le Chevalier. — Pouvez- vous vous méfier de moi ? (Il part.)

La Ramée, le rappelant. — Monsieur, Monsieur, un autre petit mot, s'il vous plaît.

Le Chevalier, revenant. — Que me veux-tu ?

La Ramée. — Vous oubliez un règlement pour moi.

Le Chevalier. — Qu'appelles-tu un règlement ? Tu nous parles comme à des fripons.

La Ramée. — Non pas, mais comme à des espiègles dont j'ai l'honneur d'être associé. Vous allez attaquer un cœur novice dont vous aurez le pillage ; vous serez les chefs de l'action ; regardez-moi comme un soldat qui demande sa paye.

Le Chevalier. — Assurément.

Mde LÉPINE. — Oui, il a raison. Allons, La Ramée, on récompensera bien tes services, je te le promets.

La Ramée. — Grand-merci, mon capitaine. Et votre Lieutenant, quelle est sa pensée un peu au net ?

Le Chevalier. — Il y aura cinquante pistoles pour toi ; adieu.

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