‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 100 sur 174 · Saint-René Taillandier, loc. cit., p. 16 et Sg · texte numérisé non relu

Saint-René Taillandier, loc. cit., p. 16 et Sg

2. Les débats ont été reproduits in extenso dans les Verhandlungen des Vereinigten Landtags von i848, zusamiyiengestellt von Bleich. Berlin, 18^8.

APRÈS l'inslkrection iGc)

un projet de loi électorale pour la nomination de l'Assemblée nationale de Prusse.

Le prince Lichnowsky proposa de nommer immédiatement la commission de l'adresse pour la discuter le jour même. M. de Bismarck protesta vainement contre cette hâte : « Dans un moment aussi grave que celui où nous sommes, dit-il, l'expression des sentiments de cette assemblée est un acte assez important pour que dans la discussion de l'adresse on ne doive pas agir avec une précipitation qui, d'après mon sentiment personnel, s'écarte des règles de la bienséance'. » A la demande de Milde, député libéral de Silésie, le Landtag nomma sur-le-champ un comité de dix membres, presque tous de la gauche'.

Après une demi-heure de suspension, Beckerath donna lecture du projet d'adresse, d'ailleurs convenu dès le matin dans une réunion ^r^i& extraparlementaire. L'adresse donnait acte au roi des promesses contenues dans ses différentes patentes : liberté de la presse, garantie de la liberté individuelle, droit d'association et de réunion, armement général du peuple avec

1. Vojez les Ji\(;rs discours de M. de Bismarck au Landtag uni dans le volume Bismarclc, député, iS^'-iSÔi.

2. Les trois membres les plus influents étaient Beckeralh, ^ incke et Mevissen. Beckeralh, banquier de Crefeld, était député de la proAince rhénane.

T7O hK PRUSSE ET LA nÉVOLVTION DE l848

libre choix de ses chefs, loi électorale oarantisstmt tous les intérêts du peuple, responsabilité des ministres, participation de la représentation nationale au pouvoir législatif et au budget, etc.. Les députés « acceptaient avec reconnaissance ces promesses » et « envisageaient l'avenir avec joie »; ils assuraient au nionarque conseillé « par des hommes qui possèdent la confiance du pays..., 1 appui énergique de tous les bons citovens dans les efforts qu'il fait pour maintenir l'ordre et le respect des lois ». Le ton était déférent mais les dires étaient fermes : ils faisaient penser à la Déclaration des Droits vainement proposée au Landtag de 1847 P^^' Yincke, président de la présente commission de l'adresse. La différence entre les adresses de 1847 et de i848 marquait le progrès des temps.

Après un échange de politesses entre les deux présidents du conseil, celui d'hier, Arnim, celui d'aujourd'hui, Camphausen, et malgré l'opposition de Bismarck qui ne pouvait se réjouir de voir (( la couronne jeter elle-même la pelletée de terre sur son cercueil », l'adresse fut adoptée h la presque unanimité.

L'assemblée nomma ensuite deux commissions, l'une pour faire un rapport sur la loi électorale', l'autre pour examiner l'avant-projet de constitu-

I. Cette commission comprenait notamment le comte d'Arnim, Mildc, do Vincke et Beckerath.

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