L'ASSEMBLÉE NATIONALE DE PRUSSE
Les élections. — Eléments de l'Assemblée. — Ses débuts : manque de direction. — L'adresse. — Arrivée du prince de Prusse. — Troubles à l'Assemblée et dans la rue. — Pillage de l'arsenal. — Ministère Auerswald. — Conflits entre les Parlements de Francfort et de Berlin. — Fusillade de Schweidnitz et ses conséquences à l'Assemblée.
Les élections eurent lieu presque en même temps pour les assemblées de Berlin et de Francfort ; la loi électorale était la même. Primitivement, le roi avait fait nommer par le Landtag uni les députés de Prusse au Parlement allemand ; mais sur les décisions du Vorparlament et de la Diète de Francfort, il annula cette élection pour en remettre directement le soin aux citoyens.
Ces élections simultanées eurent l'inconvénient de se faire concurrence et tout l'intérêt alla au Parlement national. Les plus brillants représentants du Landtag prussien, Beckerath, Vincke, le comte d'Arnim, le prince Lichnowsky siégeaient à Francfort, et les deux assemblées
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avaient des buts si analogues que dès la réunion du Parlement de Francfort on proposa d'interdire h la chambre prussienne de délibérer sur la constitution (i8 mai, proposition Raveaux) ; le Parlement esquiva la difficulté en laissant toute liberté à l'assemblée de Berlin, mais à condition que ses votes contraires à la future constitution allemande seraient inefficaces '. Les deux chambres purent ainsi coexister, mais les orateurs de marque partis pour Francfort manquèrent à Berlin ".
Pour la nomination de l'assemblée prussienne les électeurs se réunirent dans les collèges primaires le I*"" mai ; les élections définitives se firent le 8 mai.
Il ne s'établit pas dans le pays un courant général et les députés représentaient toutes les opinions, de la réaction militaire au radicalisme presque républicain, du prince de Prusse, député de Wirsitz, jusqu'il Jacoby, député de Berlin. L'extrême droite n'avait plus son enfant terrible : M. de Bismarck ne s'était pas présenté aux élections^. L'extrême gauche ne comptait
1. Saint-René Taillandier, Histoire tlu Parleiiienl de Francfort, lac. cit., p. 8i.
2. Il n'y avait pas d'ailleurs incompatibilité entre les deux sièges, mais les discussions à Francfort étaient plus intéressantes et plus suivies.