H. Blum, Fiirst Bismarck und seine Zeit, I, p
3. Wilhelm Busch, loc. cit. ; Saint-René Taillandier, Études, t. I, p. 374.
3o LA PaUSSE ET LA. RÉVOLUTION DE l848
paroles et en actes ; voulez-vous, avec la fidélité sainte d'un cœur allemand, avec l'amour plus saint encore d'une âme chrétienne, voulez-vous m'aider à développer plus réellement chaque jour les ressources vivaces qui ont fait de ce pays, malgré son petit no4ï)[bre d'habitants, une des grandes puissances de la terres? Ces ressources, vous les connaissez ; c'est le so^timent de l'honneur, la loyauté, l'amour de la luiftière, l'amour du droit et de la vérité et l'ardent désir de toujours marcher en avant, avec l'expérience de l'âge mûr et l'héroïque intrépidité de la jeunesse. Etes-vous bien résolus à ne point m'abandonner dans cette tâche ?» A des questions si éloquentes, le peuple répondait par des acclamations, et l'enthousiasme dura... quelques mois.
Mais bientôt on s'aperçut qu'à entasser onomatopées sur prosopopées, le roi n'apportait aucune solution pratique, et timidement se soulevèrent quelques réclamations ; le 9 septembre i84o, les députés de la province de Prusse lui rappelaient avec une respectueuse insistance les promesses de i8i5 : « Fidèle à sa royale parole, déclaraient-ils, Frédéric-Guillaume III commença l'œuvre annoncée, et, octroyant à la Prusse des Etats provinciaux, il laissa à son successeur le soin de terminer sa tâche. Confiants dans la justice de Votre Majesté, nous sommes persuadés qu'elle ne tardera pas
LES DEBUTS DE KREDERIC-GUILI.VI Mi; IV 01
à développer les Mtats provinciaux et qu'elle (lonnern ii ses fidèles sujets cette représentation nationale qui leur a été promise par son père. » La réponse fut bienveillante et vague, d'une imprécision sufiisante pour faire encore illusion, mais peu de jours après une circulaire ministérielle jetait une certaine inquiétude par ses réticences; le 23 février iS^i, une ordonnance sur les Etats provinciaux vint détruire les dernières illusions. Elle se bornait à augmenter dans une mesure restreinte les délibérations des assemblées provinciales et organisait des délégations [Aussc/iiisse] émanées de chaque assemblée et qui se réuniraient en commun à Berlin; des ordonnances postérieures* établirent que le monarque entendait s'en tenir là et considérait les délégations comme la représentation nationale promise par son père en i8i5.
La déception fut forte, proportionnée à l'espérance soulevée par l'avènement de Frédéric- Guillaume IV. Plusieurs Etats provinciaux protestèrent contre cette méconnaissance des promesses de i8i5 et réclamèrent leur accomplissement": en 1843, trois Landtags, ceux des
1. Ordonnances du 3o avril i84i et du 21 juin 1842. Les dernières, rendues une pour chaque province, organisaient définilixement le mode d'élection et le fonctionnement des délégations. Gfscl:-Saniinlunij, 1842, p. 2i5 et suiv.