Rônne, Das Staatsrccht der preiissischcn Monarchie, t. I
246 LA PRUSSE ET LA RÉVOLUTION DE l848
tout modifier, remplaça le suffrage universel par le suffrage restreint, divisa les électeurs en trois classes selon leur fortune et imposa le scrutin public et oral à la place du vote secret.
C'étaient des mesures de coup d'Etat; un an auparavant, elles auraient produit une révolution. Elles n'amenèrent que des troubles superficiels. Au moment où la seconde Chambre était dissoute, une grande foule se pressait devant la salle des séances ; on n'y entendait que des plaisanteries, aucun cri de colère. Vers le soir, une certaine effervescence se produisit rue de Leipzig ; la police et la troupe intervinrent avec une brutalité cruelle * ; les soldats firent feu sur la foule ; plusieurs hommes furent tués ; le tumulte s'apaisa.
Dans quelques grandes villes, à Breslau, à Dusseldorf, à Elberfeld ' des troubles analogues furent étouffés par d'analogues procédés.
C'était la fin de la révolution en Prusse. Cette fois les « mauvais esprits » étaient matés. L'administration intervint dans les élections comme dans les troubles de la rue, par manière d'étranglement. Toute velléité de résister était brisée.
Quiconque ne votait pas pour le candidat conservateur était noté de noir, et, s'il tenait de l'Etat