LE REFUS DE LA COURONNE IMPERL^^LE
Radowitz, dont ils se moquaient ; et du matin au soir, ducabinetdetravail ;i la table dethé, ilsentouraie lit Frédéric-Guillaume d'habiles insinuations, de conseils par sous-entendus, qui agissaient ii merveille sur cet esprit mobile et maniable.
Dès le 21 avril, le roi avait donné au comte Brandenburg l'ordre d'annoncer aux Chambres son refus définitif de la couronne impériale; le président du conseil l'avait fait en termes voilés mais assez nets pour ôter tout espoir h ceux qui connaissaient les hésitations de Frédéric-Guillaume ; Camphausen, plénipotentiaire de Prusse à Francfort, Arnim, ministre des affaires étrangères, donnaient leur démission* : ils ne voulaient pas conduire la débâcle des espérances allemandes.
Sa décision prise, le roi voulut l'annoncer avec solennité aux gouvernements allemands et il adressa des notes, d'ailleurs contradictoires, au pouvoir central et aux divers Etats de l'Allemagne. A Francfort, il protestait de la pureté de ses intentions : « Les réponses des gouvernements ont montré leurs divergences sur des questions essentielles et prouvé cju'on doit fonder peu d'espérance sur leur accord. Des princes isolés ont désiré que le roi prenne la couronne
I. ManteuITel, Denhwiirdigkeiten, t. I, p. 96. La démission de Camphausen est du 26 avril ; celle d' Arnim n'est que du 3 mai, après l'envoi des notes aux gouvernements allemands.
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impériale, plusieurs ont exprimé leur ferme volonté de ne pas se soumettre à un autre souverain... Le refus de la couronne ne compromet rien... I.e Parlement national peut encore s'entendre avec les gouvernements, et de cette entente peut naître pacifiquement la renaissance des relations allemandes. » Auprès des cours, Frédéric- Guillaume se plaignait de l'allure du Parlement « capable de susciter dans plusieurs Etats des crises dangereuses..., c'est un devoir d'autant plusimpérieux pour les gouvernements allemands de donner prompte et entière satisfaction aux besoins de la nation allemande. » La Prusse, pour arriver à ce résultat, convoquait à une conférence diplomatique tous les gouvernements disposés « à délibérer sur la question constitutionnelle* ». C'était un bel enterrement ; la conférence de Berlin devait aboutir piteusement à l'alliance des trois rois, et celle-ci se dissoudre dès l'écrasement des Hongrois et la renaissance de l'Autriche. Dix-huit mois encore, la question allemande devait se traîner dans les chancelleries, mais avec des chances toujours moindres de succès. Les
I. Biedermann, Gesrhklde, loc. cil., p. !\2~, analyse longuement ces noies et relève très exactement leurs contradictions. D'après la note au pouvoir d"Eni[)ire, il s'agissait d'entente entre le Parlement de Francfort et les gouvernements ; d'après la note aux souverains, il s'agissait d'enicnte entre les princes seulenienl.