‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 163 sur 174 · I. Bcust, Mémoires, t. I, p. Sa · texte numérisé non relu

I. Bcust, Mémoires, t. I, p. Sa

Cette opposition des députés ne pouvait qu'irriter Frédéric-Guillaume IV. Vainement Bunsen le suppliait en faveur de l'Allemagne; le roi lui répondait que ce qu'il appelait l'Allemagne n'était que « l'abominable bâtard du diable et de la race humaine ». Inutilement le général de Radowitz accourait de Francfort pour « donner au roi le seul conseil d'accepter sans plus tarder la constitution impériale ». En vain Beckerath,^ délégué par le ministère de Francfort, avait avec Frédéric-Guillaume un long entretien ; au nom des leaders parlementaires de Francfort, il garantissait que l'Assemblée voterait la revision désirée par le roi de Prusse si celui-ci acceptait de suite la couronne impériale. Frédéric-Guillaume exposait les dangers d'une telle aventure ; Beckerath lui répliquait par la belle phrase d'Arndt : « Le danger est toujours devenu pour la Prusse un soleil de victoire. » Le roi ne trouvait qu'à répondre : « Je ne suis pas un grand roi. » Tout effort était inutile ; le monarque était buté.

Le parti de la camarilla le serrait toujours plus étroitement. Gerlach et ses amis évoquaient devant lui le spectre de la Révolution, le danger sur les frontières : guerre avec l'Autriche, guerre avec la Russie ; ils semaient la zizanie dans le ministère; ils flattaient Brandenburg qu'ils desservaient auprès du roi; ils cherchaient à séduire

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