‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 38 sur 174 · Biederinanii, Mein Lebcn, I, p · texte numérisé non relu

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2. En Angleterre, en Irlande, la misère était intense et amenait le pillage des boulangeries. Tlie Standard et The Sun du i5 mai.

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sère, avaient éclaté à Berlin, à Stettin, à Posen, dans la Silésie, etc... Le gouvernement, qui avait déjà pris certaines mesures pour suspendre le service de la landwehr, marcha en cette matière d'accord avec le Landtag uni. Les deux curies adoptèrent', sur les conclusions conformes de M. de Bodelschwingh et du ministre des finances M. de Duesberg, une motion interdisant l'exportation du blé et des pommes de terre et la distillation de l'eau-de-vie avec des grains et des pommes de terre. Les troubles ne cessèrent pas de suite, mais grâce à l'arrivée de blé et à l'approche de l'été, les vivres devinrent moins rares et moins chers.

Certaines pétitions sur la crise commerciale et industrielle furent l'occasion d'un incident assez vif; elles touchaient des questions de politique extérieure, et les ordonnances du 3 février n'autorisaient pas le Landtag uni à s'en occuper. Le ministre des affaires étrangères, M. de Canitz, se crut pourtant autorisé à dépasser la compétence de la patente et déclara à la curie des Etats qu'une discussion pourrait intervenir sur les affaires étrangères à condition d'être modérée et mesurée. Le président de la curie qui jusqu'alors avait repoussé toutes les pétitions touchant la politique extérieure, ajouta que doréna-

I. Séances de la curie des Etats du 27 avril et de la curie des Seigneurs du 3o avril.

vant il les accepterait. Un toile s'éleva à la cour et dans le parti conservateur. Le prince de Prusse protesta auprès de son frère sur l'interprétation donnée par un simple ministre aux ordonnances de février \ Frédéric-Guillaume IV hésita suivant son habitude, n'osant contrarier son proche entourage, ennuyé de renvoyer un excellent serviteur ; à la suite d'un conseil des ministres, Canitz céda à ses sollicitations et vint donner à la curie des trois Etats une interprétation qui transformait ses déclarations premières". Mais, comme le dit Treitschke, « la porte était ouverte » ; il devint bien difficile au président de la curie de supprimer dans les pétitions tout ce qui concernait les affaires étrangères *. On le voit, en faisant un emploi sagace du droit de pétition, le parti libéral avait presque introduit le droit d'interpellation. 11 avait, au début de la session, réclamé le droit de poser des questions au gouvernement et Milde s'était armé de l'exemple de l'Angleterre : « Le droit d'interpellation, disait-il, est de la plus haute importance, tant pour le gouvernement que pour les Etats. Dans la plupart des cas, il est impossible que le gouvernement fasse connaître les motifs

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