‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 40 sur 174 · Milde à la curie des trois Etats, le 28 avril · texte numérisé non relu

Milde à la curie des trois Etats, le 28 avril

2. Bodelscinvingli à la curie des trois Etais, le 5 mai, à propos d'une sortie violente de Nigolewski en faveur des Polonais.

3. Le projet de loi, déposé le 27 avril, excluait de la diète: les personnes condamnées par jugement criminel à la perte des droits civiques, ou déclarées incapables de remplir des fonc-

débats n'eurent quelque importance que par leur caractère de premières discussions législatives. Adopté par les deux curies avec plusieurs modifications, le projet fut rendu exécutoire au moment de la clôture du Landtasf.

Les débats de la loi sur la situation des Juifs furent plus importants et plus intéressants \ Les Israélites n'étaient pas très nombreux dans la monarchie, — on les estimait à 200000 sur plus de i5 millions d'habitants, — mais dans certaines provinces ils avaient pris une forte situation. Dans les grandes villes, mélangés h la population, germanisés depuis longtemps, ils vivaient de l'existence allemande; il n'en était pas de même dans la province de Posen, où, au nombre de 76 000, ils avaient acquis un triste renom. « Dans cette contrée, disait Bismarck sans exagération, il y a des paysans qui ne peuvent dire que rien leur appartienne sur leur propre fonds de terre ; depuis le lit jusqu'au fourgon du poêle, tout le mobilier appartient au Juif, le bétail à l'étable appartient au Juil, et le paysan paie pour chaque objet un loyer quotidien; le blé sur champ et en grange appartient au Juif

lions [)ubliques cl de prêter serment ; les condamnés à certaines peines par un tribunal d'honneur militaire ; les personnes privées du droit de bourgeoisie ou de commerce, etc.

I. Treitschkc, V, p. Gag à 63G, traite très longuement celte question.

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et le Juifvend par miiiots au paysan le grain pour le pain, pour les semailles, pour la nourriture des bestiaux'. »

Une ordonnance de 1812, en vigueur seulement dans les provinces où ils étaient le moins nombreux, leur avait accordé la qualité de sujets prussiens et certains droits civiques ; mais ils ne pouvaient remplir de fonctions publiques et trouvaient quelques entraves à Texercice de leurs droits civils et commerciaux. Malgré un mouvement antisémite qui se manifesta vers 1820, la tendance était à leur accorder les mêmes droits que les chrétiens ; la Hesse électorale l'avait fait en i833; Humboldt et ses amis, admirateurs des principes de la Révolution française, le réclamaient pour tous les États allemands; cette cause trouva un éloquent avocat dans un jurisconsulte de Hambourg, Gabriel Riesser, qui soutenait que les Juifs étaient suffisamment fondus dans l'élément allemand pour qu'on pût sans inconvénient leur accorder tous les droits politiques.

Sans aller aussi loin, Frédéric-Guillaume IV', avec sa générosité naturelle, considérait comme un devoir d'améliorer la situation des Israélites. Il présenta au Landtag uni un projet de loi qui constituait sur l'ordonnance de 181 2 un réel

I. Bismarck à l'assemblée des Élats, le i5 juin. Bismarck, député, p. 5i.

progrès : les Juifs pouvaient désormais remplir certains emplois publics, la liberté du culte était complète, les restrictions à l'exercice du commerce et de l'industrie étaient en partie abolies. Mais, pour arrêter l'immigration des Juifs de Russie dans la province de Posen, on restreignait leur droit de s'établir dans cette province.

Le premier bureau du Landtag, à qui le projet avait été renvoyé, s'était montré favorable à ses dispositions et avait même demandé leur extension complète aux juifs de Posen. Les débats s'étendirent sur sept séances du Landtag* et amenèrent l'intervention de la plupart des grands orateurs. Les membres du parti libéral, Louis Camphausen ", Milde, Beckerath, Vincke, réclamaient en faveur des israélites l'égalité de traitement et protestaient contre VElat chrétien ; ils demandaient l'Etat laïque ou tout au moins indépendant, à la façon de la charte française de i83o, et déclaraient que les restrictions aux droits civiques des Juifs étaient un legs du moyen âge. En sens contraire, deux députés protestaient contre tout accroissement des droits des Juifs ; c'étaient Thadden-TrieglafF, de la Diète de Poméranie, et Otto de Bismarck-Schonhausen. Le jeune et ardent député de la Saxe se posait avec

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