‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 43 sur 174 · I. Treitschke, V, p · texte numérisé non relu

I. Treitschke, V, p

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contracter des emprunts. Le gouvernement se trouvait en présence de deux emprunts nécessaires, l'un pour créer des banques hypothécaires, l'autre pour construire les chemins de fer. Le premier emprunt se rattachait à un ensemble de mesures destinées h alléger la situation des paysans ; le gouvernement présentait à ce sujet deux propositions de lois : l'une ordonnait l'estimation des fonds de terre des paysans, l'autre créait dans chaque province des banques hypothécaires prêtant aux paysans les sommes nécessaires pour le rachat des servitudes réelles pesant sur leurs biens et accordait la garantie de l'Etat à ces banques ; en créant cette garantie, le gouvernement engageait les finances de l'État, car « une garantie de l'État est un emprunt de l'Etat^ ». L'autre emprunt était destiné à la construction de la liffne de chemin de fer de la Prusse de l'Est : partout en Europe se construisaient des voies ferrées, la Prusse était en retard, il y avait donc intérêt majeur à obtenir la garantie des États. Le vote de ce double emprunt était la raison d'être du Landtag uni.

A ces diverses propositions, le parti libéral opposa un moyen péremptoire; il reconnaissait le bien fondé des lois projetées, mais déclarait

I. lîeckoralli à la séance des curies réunies, le i5 mai, en n'ponsc à un discours de BodeIschAvingli, la veille, en sens contraire.

le Landtag incompétent pour accorder un emprunt, car la loi de 1820 ne donnait ce droit qu'à une représentation nationale, aux Reichstdnde, et le Landtag uni n'avait point ce caractère. C'était le projet d'adresse et la déclaration des i38qui reparaissaient sous une forme nouvelle, et, à deux reprises, les députés s'y attachèrent. Lors du vote sur les banques hypothécaires, un député déclara nettementqu'il ne pouvait adopter le projet de loi « parce que nos droits ont été restreints par la patente de février », et malgré les efforts de M. de Bodelschwingh, la loi fut rejetée à l'immense majorité de 448 voix contre

lOl'.

Pour la loi sur le chemin de fer de la Prusse de l'Est, les débats furent plus caractéristiques encore ; les libéraux de la province de Prusse vinrent expliquer que les questions de principes devaient passer avant les questions d'intérêt. « Je reconnais, disait le bourgmestre de Kœnigsberg, Sperling, que les intérêts de ma province sont en conflit avec mes convictions. Mais je ne suis pas ici un représentant des intérêts d'une province, mais de la patrie entière. Cela forme ma décision ; je dois suivre mes convictions et je réponds « non » à la question du gouvernement parce qu'en toute conscience je

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