A LA VEILLE DE LA UEVOLLTION
était h leur taille ; les autres ministres pliaient, et l'opinion se faisait qu'un jour ceux-là remplaceraient ceux-ci, bon gré ou malgré le roi.
Ces débats avaient retenti dans toute l'Allemagne; la situation de la Prusse, sa forme allongée de jNIayence à Kœnigsberg, font que toute discussion à Berlin a un écho dans les pays qui l'entourent. De toutes parts les « patriotes » étaient accourus pour assister à cette assemblée où ils voulaient voir le germe d'un parlement national. Le Landtag prussien avait pris l'impoitance d'un événement allemand; il rendait plus étroite l'unité de la Confédération tout entière.
La déception, née de l'absence de résultat immédiat, n'arrête pas les libéraux allemands ; elle semble donner comme un coup d'éperon à leur élan et à leurs aspirations. Frédéric-Guillaume, en qui leur espoir se mettait, les abandonne? Ils le forceront à faire l'Allemagne. Pour remuer l'inertie des monarques et des peuples, ils ont deux armes : la presse et l'association. Ils se serviront des deux ensemble.
Au mois de juillet, un groupe de patriotes fonde la DeutscJie Zeitiing ; Gervinus en a la direction ; Bassermann, libraire à Mannheim, l'édition ; un noyau de libéraux, Mathy, Droysen, Louis Hausser, etc., la rédaction; les opinions varient, car chaque écrivain a son plan de réformes ; mais tous constatent la parfaite vanité Matter. '7
gS LA PRUSSE ET LA RÉVOLUTION DE 1848
de la Diète' et luttent pour une œuvre commune : l'unité allemande. L'effet est considérable ; dans les universités comme dans les cours, à tous ceux qui parlent la langue allemande, nobles et bourgeois, citadins et campagnards, la Deutsche Zeitung jette la bonne semence d'où montera l'unité de la patrie. Ses rédacteurs constituent un groupe politique plein d'initiative, prêt à diriger l'esprit public ; ils formeront, avec les membres du Landtag uni, le cadre du Parlement de Francfort.
Sous l'influence de la Deutsche Zeitung, les chefs du parti libéral et unitaire^ se réunissent le 10 octobre i847 ^' Heppenheim ; ils accourent de toutes parts, pour traiter d'un même élan la question qui leur tient au cœur, l'unité allemande. Ils veulent rapprocher les peuples par une communauté plus étroite des intérêts commerciaux et forment le projet d'un Zolh'ereinsparlament, une chambre législative des Etats associés en union douanière sous la direction de la Prusse ; pour y arriver, il faut faire pénétrer dans le sang même du peuple allemand la pensée