Simon, L'Empereur Guillaume et son règne, p. i
2. Les « journées de mars » ont fait l'objet de nombreuses études. Les plus récentes sont celles de F. Rachfahl, Deutschland, Kônig Friedrich-Wilhelm IV und die Berliner Mdrzrcvolution, Halle, 1901, et Prof. D^ W . Busch, Die Berliner Mdrztage von i848, Munich et Leipzig, 1899, avec une excellente analyse des sources. Le récit de Blum, Die deutsche Révolution 1848-49, est très complet. Voyez aussi : v. Meyerinck, Die Thiitigkeit der Truppen wdhrend der Berliner Màrztage. — Mémoires de Gerlach, de Roon, de Circourt. — Das Volk im Waffen, Berlin, 1887. — Sybel, Aus dcn Berliner Màrztagen,
■dans Hisloriche Zeitschrift, l, 63.
LES PREMIERS TROUBLES 125
res du soir, les postes renforcés, des piquets placés le long des Linden.
A son retour du Thiergarten, la populace remarqua ces dispositions et commença à siffler et huer les soldats. Voyant qu'ils ne bougeaient pas, elle leur jeta du sable et des pierres ' ; les officiers interdirent à leurs troupes de faire usage de leurs armes^ ; encouragée par cette inaction, la foule s'enhardit, commença à construire des barricades et tenta même de piller un magasin d'armes ; la troupe dut alors intervenir, la cavalerie s'avança avec maladresse et brutalité, une mêlée assez violente se produisit, au cours de laquelle deux personnes furent blessées, le fils du poète Ruckert et le conseiller municipal Behrens, innocemment assis devant une pâtisserie. La police intervint h son tour avec beaucoup d'inexpérience et de gaucherie ^, procéda à l'arrestation de quelques ouvriers fort étrangers au tumulte et ne dispersa les groupes que pour les laisser se reformer plus loin. A minuit, chacun rentra se coucher et l'ordre se rétablit. Cette première journée n'avait pas eu de graves conséquences, mais elle laissait prévoir des suites, car la populace ne pouvait que s'enhardir de l'inhabileté des mesures policières et militaires.