F. Rachfahl, loc. cit., p. i3i
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de : « A bas les soldats » remplirent les rues.
Ce même jour, i6 mars, les étrangers affluèrent plus nombreux que jamais. A la nouvelle des premiers troubles berlinois, ils accouraient de toutes les grandes villes, prêts à profiter du désordre*. Un train amena de Leipzig de prétendus « étudiants w, polonais ou tyroliens pour la plupart, soigneusement armés, qui se répandirent en ville dans les clubs, prirent aux journées sanglantes la plus grande part et disparurent au mois d'avril aussi mystérieusement qu'ils étaient arrivés \
L'énervement augmentait et le désordre s'aggravait. Les sentinelles furent menacées et un détachement d'infanterie, qui allait prendre la garde au palais du prince Guillaume, fut entouré et insulté ; pour se dégager, et avec trop de précipitation, les soldats tirèrent; plusieurs coups portèrent ; des passants inoffensifs furent atteints et l'émotion s'en accrut.
La journée du lendemain, 17 mars, fut plus calme. La populace s'assembla sur diverses places pour protester contre les « excès des mi-
1. A Genthin, raconte Bismarck, Mémoires, I, p. 89, des hommes à l'air étranger, parlant polonais pour la plupart, quelques-uns portantostensiblement sur eux des armes, d'autres avec des colis fort lourds, avaient passe dans les trains se dirigeant sur Berlin.
2. Blum, loc. cil., p. 168; Angerstein, Die berliner Màrzerci<jnisse, p. 36.
LES JOURNÉES DE MAKS l33
litaires » et rédiger despétitions demandant que la police des rues fût confiée exclusivement à la garde bourgeoise. Les hommes qui comptaient prendre la direction du mouvement révolutionnaire tenaient des réunions secrètes dans divers endroits, au Ilofjiiger, h Tivoli. Organisaient-ils, avec ordre et savamment, la révolution qui éclata le i8 ? Certains le prétendent et croient, avec Frédéric-Guillaume, que Berlin a été victime d'une intrigue « systématiquement préparée depuis quinze jours' ». D'autres rient dune « pareille absurdité » inventée comme excuse par des rapports de police". La vérité semble être que les troubles étaient spontanés, explosion révoltée contre une tyrannie trop longue, mais que les pécheurs en eau révolutionnaire qu'on trouve toujours en pareil cas espérèrent en profiter et cherchèrent à constituer un cadre d'olliciers aux niasses révoltées.
Des réunions secrètes, les bruits les plus extraordinaires se répandaient en ville; les provinces étaient en feu, les pays rhénans voulaient se rattacher à la France ; une députation de la municipalité de Cologne, qui était en route pour
1. Lettre de Frédéric-Guillaume à Bunsen, citée par Saint- René Taillandier, voyez siiprà. En ce sens, Blum, loc. cil., j). i68 et suiv. ; Meyerinck, loc. cit., p io8 et 109. D'après Bodelschwingh (Lettre à Fallenstein, dans Diest, loc. cit., p. 19), on aurait formé le plan d'enlever le roi le 18 mars.