Hezekiel, Das Buch vom Fiirsten Bismarck, 3^ éd., p. io
l56 LA PRUSSE ET L.\ RÉVOLUTION DE 1 8^8
Partout, dans les salles et en plein air, se tenaient des meetings plutôt tumultueux. Les clubs commençaient à se former et ne craignaient pas de descendre dans la rue. Des gamins distribuaient des imprimés révolutionnaires. A tous les coins s'étalaient des placards démocratiques d'un style plus ou moins forcené ; s'il s'y trouvait quelque conseil modéré, les passants en avaient fait justice et, par manière de protestation, ils y avaient écrit au crayon : « Chien de réactionnaires » ou quelque douceur analogue ^ Aux fenêtres, flottaient des drapeaux de toutes couleurs, drapeaux rouge-noir-or considérés la veille comme séditieux, drapeaux polonais ; il ne manquait que des drapeaux prussiens ". Des gens en blouse, coiffés du chapeau calabrais avec plumes rouoes traînaient leur sabre sur les trottoirs^.
Aux portes du château, à la place des brillants gardes du corps, veillaient des bourgeois à moitié revêtus d'uniformes militaires, « en partie comiques, en partie lamentables ». La garde des monuments était confiée aux Schutzbiirger ; ils s'en acquittaient étrangement ; ils s'étaient constitués en association, Burger^vehr-Clab, plus tard, deinocratisclier-Burgenvehr- Vereiri, et entendaient conduire la politique du gouverne-