‹ La Prusse et la Révolution de 1848Chapitre 90 sur 174 · Bismarck député (^QvYiu, 1881), p · texte numérisé non relu

Bismarck député (^QvYiu, 1881), p

APRÈS l'insurrection ib"]

ment. Leur Indiscipline était telle que dès la fin de niius, une pétition circula pour demander le retour des troupes et réunit dix-sept mille signatures. Quatre régiments rentrèrent à Berlin; la gfarde bourgeoise conserva la garde du château et de quelques édifices ; elle se montra si indolente lors des émeutes, qu'on fut obligé de créer une seconde cohorte, la Scfiiitzmannschaft, souvent en conflit avec la première, comme au mois d'août, où elles se fusillèrent.

Les Berlinois avaient pris l'habitude de cette vie fiévreuse ; les querelles se bornaient le plus souvent aux paroles.

La situation était encore plus tendue en province ; les grandes villes voulaient aussi avoir des « journées », et la « fièvre de mars » les avait atteintes. Le 20 mars, à Kœnigsberg, les soldats tirent sur la foule. A Aix-la-Chapelle, au commencement d'avril, la populace brise les fenêtres ; des patrouilles sillonnent la ville, et, entourées d'insurgés, font feu. Un peu plus tard, à Trêves, on élève des barricades, on démolit les corps de garde, le général de Schreckenstein menace de bombarder la ville *. Les campagnes ne sont guère plus tran([uilles : à Schônhausen, Otto de Bismarck se prépare à faire le coup de

I . Ces détails d'après les coupures des journaux allemands insérées au Moniteur universel français, année i848, p. 688, 693,804,870, 876, etc..

l58 LA PRUSSE ET LA RÉVOLUTION DE iSi^S

feu contre des gens delà ville voisine qui veulent venir hisser sur le clocher le drapeau rougenoir-or \

Dans la province de Posen, les troubles sont plus graves et prennent une tendance séparatiste : on arrache les aigles prussiennes,' on arrête les courriers. Frédéric-Guillaume avait reçu le 2^ mars une délégation de Polonais à qui il avait promis la réorganisation nationale de la province par une commission composée des deux éléments allemand et polonais '\ On constitua bien cette commission, mais elle n'aboutit à rien. Une formidable insurrection se souleva dans la province ; les nobles organisèrent des troupes de paysans qui devinrent maîtresses d'une partie du pays ; des Polonais de Russie et de Galicie se joignirent à eux pour former une puissante armée. On ne comprit pas, tout d'abord, h Berlin, la réalité du péril, et le général de Willisen, envoyé pour réorganiser la province, n'hésita pas a traiter avec le Comité national de Posen ; sans le comprendre, il permit aux Polonais de s'organiser militairement ; ils le firent avec rapidité et intelligence et lorsque le gouvernement de Berlin voulut réagir contre les tendances de Willisen, il se trouva en présence d'une nation armée, soutenue de cadres fortement constitués ; il fallut

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