INTRODUCTION
On a beaucoup discuté, en ces dernières années, sur la question de savoir si la paralysie générale devait être considérée comme une maladie ou comme un syndrome.
Les uns, partisans de la maladie et fidèles à la tradition, continuaient à décrire une paralysie générale vraie, la méningo-encéphalite diffuse, et pour les affections qui pouvalent la simuler créaient un groupe à part, le groupe des pseudo-paralysies générales. Les autres disaient : la paralysie générale n’est qu’un syndrome et ce syndrome n'est pas le monopole de la méningo-encéphalite diffuse ; bien au contraire, il peut traduire cliniquement toutes les lésions corticoméningées, quelle qu'en soit la nature, pourvu du moins qu'elles soient diffuses. Et ils ajoutaient : la plupart des affections du système nerveux, jadis entités morbides, sont aujourd’hui devenues des syndromes. Pourquoi la paralysie générale ferait-elle exception dans celte commune transformation des neuropathies? Pourquoi ferait-elle aussi exception à cette grande loi de pathologie nerveuse d’après laquelle les symptômes sont fonclion non pas tant de Ja nature que de la localisation des lésions et pourquoi des lésions à localisation diffuse dans le cortex, qu'elles appartiennent à la méningo-encéphalite classique, à la tuberculose, à l'alcoolisme, étc., ne seraient-elles pas capables de déclancher le même tableau clinique: le syndrome paralytique ?
La question n’est pas encore tranchée et les discussions
nes
continuent. Nous éviterons cependant de prendre position dans la bataille et voici pourquoi :
Désirant nous renseigner sur les débats en cours, nous avons d’abord cherché dans les meilleurs auteurs la définilion du mot syndrome et nous avons constaté que ceux-là mêmes qui l’employaientle plus volontiers évitaient cependant dele définir. Etait-ce donc là une de ces expressions médicales, comme « dyscrasie», « lymphatisme», «diathèse » dontil faut, contrairement au mot célèbre, parler toujours sans les penser jamais ? Non, car en cherchantmieux, nous découvrimes tout de même quelques pathologistes qui s'étaient essayés à une définition. Mais il apparaissait qu'ils ne s'étaient point inspirés les uns des autres, car leurs définitions différaient fort, tant et si bien qu’au bout du compte il y avait autant de significations du mot syndrome que de gens à en donner... Pouvions-nous raisonnablement nous faire le champion d'un terme dont nous n’élions pas sûr de tenir le sens exact ?
Alors, fallait-il passer dans l’autre camp et devions-nous parier, nous aussi, pour la paralysie générale vraie et les pseudo-paralysies générales? Mais ici un mot terrible nous arrêlait, celui du professeur Pierret (de Lyon) : «Il n’y a pas de pseudo-paralysies générales, il y a des pseudo-diagnos- Lics ». Que penseraient de nous nos maitres chargés de nous donner l'investiture si nous prétendions entrer dans la carrière en faisant des pseudo-diagnostics !.…
Et enfin, faut-il l'avouer, nous ne saisissions pas très bien l'intérêt qu'il y a à se battre au sujet de mots, à ergoter sur des appellations. Peut-être, au fond, lous ceux qui discutaient, qui discutent encore, n'élaient-ils pas loin de s’entendre et se voyaient-ils en désaccord, faute de définitions préalables.
Quoi qu'il en soit, il nous reste à exposer pourquoi nous avons donné à notre lravail le titre de pseudo-paralysie générale d’origine cérébro-scléreuse et quelle signification nous réservons à celte expression qui semble évidemment contredire la réserve que nous nous sommes imposée. Mais, avant