‹ La Pseudo-Paralysie Générale Cérébro-scléreuseChapitre 7 sur 29 · OC · texte numérisé non relu

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tout, efforçons-nous de voir derrière les mots des idées et à ne juger que des faits. Or les faits, les voici :

Il existe des malades qui présentent une démence globale et progressive, avec où sans délire, et une déchéance physique également progressive, caractérisée au début et pendant longtemps par des troubles ataxiformes de la motilité et dans la période terminale seulement par de l’impotence vérilable des membres. Démence et déchéance physique aboutissent rapidement, en une, deux, trois années environ, au marasme et finalement à la mort. A l’aulopsie, on trouve des lésions caractéristiques, telles qu'adhérences des méninges, granulations épendymaires, diapédèse périvasculaire, prolifération intense de la névroglie selon un certain mode (pour ne citer que les principales). Ces caractères anatomopathologiques joints aux symptômes cliniques énumérés plus haut suffisent amplement à différencier ces malades, à en faire une catégorie à part; ce sont presque lous d'anciens syphilitiques et des gens encore dans la force de l'âge ; tous les médecins les connaissent et les reconnaissent ; on les dénomme paralyliques généraux ; si le terme est impropre, il est consacré par l'usage; chacun sait de quoi il s’agit et quand on parle de paralysie générale il n'y a de confusion pour personne.

Mais à côté de celte paralysie générale typique, que Bayle a le premier décrite en 1822, il y a des états morbides d'une autre nature et d’une autre pathogénie et qui sont susceplibles de lui ressembler plus ou moins. Ces états peuvent être sous la dépendance de causes diverses et avoir pour substratum des processus anatomo-pathologiques différents. Les uns sont dus à la tuberculose et comportent comme lésions des granulations méningées ; les autres tirent leur étiologie de l’alcoolisme el ont pour base histologique des dégénérescences cellulaires et vasculaires d’un ordre particulier. Mais tous ont ceci de commun qu'ils peuvent, à tel ou tel moment de Jeur évolution clinique, revêtir le masque de la paralysie générale et donner le change plus où moins complètement,

0e C'est alors que les uns parlent de pseudo-paralysie générale, tandis que les autres, alléguant l'identité quelquefois presque absolue des deux tableaux cliniques, voient dans l’un et l’autre cas un même syndrome actionné par des causes différentes.

Ce qu'il importe de retenir, c’est que la paralysie générale peut être simulée plus ou moins fidèlement par d’autres maladies etd’autresintoxications. Nous n’avonsjusqu'alors cité que l'alcoolisme et la tuberculose ; mais on a également décrit des pseudo-paralysies générales saturnine, pellagreuse et arthritique. C’est à l'étude de cette dernière (1) que nous voulons apporter, à notre lour, notre modeste contribution. Respectueux de l'usage, nous lui conservons son litre de pseudo-parab'sie pour la laisser dans la série des lypes semblables, saturnin, luberculeux, elc., qui forment un groupe connu et repéré : mais ce lerme de pseudo-paralysie n’a que la valeur d’une étiquette, d'un signe d'identité, et il n’implique nullement une conceplion doctrinale. Nous ne pouvons cependant continuer à l’appeler arthritique, à exemple dé Klippel. L’arthritisme est encore une de ces choses vagues. sur lesquelles l'entente n’est pas faite et qui, somme toute, ne signifie pas grand'chose. Nous préférons l'appeler artérioscléreuse, car elle est en rapport sinon de cause à effet du moins de concomitance avec l’artério-sclérose du cerveau, ou céreébro-scléreuse, car elle coïncide presquetoujours avec les manifestations cliniques de cette cérébro-sclérose lacunaire progressive qui a élé décrite par Grasset dans le centre ovale et les noyaux opto-striés des athéromateux cérébraux.

Et il nous a paru intéressant d'apporter, après bien d’autres, des observations démontrant que l’artério-selérose peut copier la symptomatologie de la paralysie générale. Cette dernière, en effet, n’est plus une maladie d’asile, mais de

(1) Ceci n’est pas très exact : mais n'embrouiHons pas davantage la question. Au chapitre du diagnostic, nous reviendrons sur ce point et nous préciserons notré pensée.

EYE QE clientèle ; son diagnostic n’est plus l'apanage des spécialistes, mais tous les médecins praticiens savent la rechercher et la recherchent. Or, dans leur ardeur à la dépister dans tous les milieux, ils risquent de la trouver là où elle n’est pas et de prendre pour des paralyliques généraux de simples cérébroseléreux. Et l'erreur de diagnostic est grave, car le pronostic de ceux-ci n’est plus le pronostic de ceux-là, et landis que dans un cas on peut instituer un traitement, dans l’autre la thérapeutique est totalement désarmée.

Les observalions que nous offrons à la critique sont toutes inédites, sauf une. Plusieurs concernent des malades qui ont pu faire hésiter quelque temps, quelques heures, quelques jours même le diagnostic des maîtres que nous suivons. Nous en publions certaines ir extenso. Nous n'ignorons pas qu’elles comportent des détails qui nuisent à l'harmonie du tableau symptomatique. Mais nous estimons que ces contradictions en font justement l'intérêt ; elles montrent le malade tel qu'il est, dans la complexité de son cas clinique. Nous n'avons qu’un désir et qu'une ambition: c’est qu'elles permettent à des discussions ultérieures, plus compétentes que la nôtre, de revenir et de s'exercer sur les faits que nous aurons signalés. |

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