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CHAPITRE PREMIER

Résumé des connaissances actuelles sur les manifestations cérébrales de l’artério-sclérose

En général, on emploie indistinctement les termes d’artério-slérose ou d’athérome pour désigner les altérations histologiques et les symptômes cliniques des artériopathies chroniques. Cependant certains auteurs, dont P. Londe (1), préfèrent réserver la dénomination d’artério-sclérose à la dégénérescence fibreuse des petites artères (artériolite chronique) et celle d'athérome à la calcification plus ou moins avancée des grosses artères (arlérile chronique), tandis que d’autres, Huchard (2), par exemple, font de l’athérome une lésion et de l’artério-selérose une maladie. Quoi qu'il en soit, et puisque ces distinchions ne sont pas universellement dégagées el admises par tous, nous conlinuerons, dans le cours de ce travail, à parler indifféremment d’artério-selérose ou d’athérome lorsque nous aurons en vue les manifestations scléreuses de l'arbre vasculaire centrifuge.

L'artério-sclérose peut intéresser simultanément ou isolément tous les districts du réseau artériel; elle peut aussi s’attaquer aux organes internes et y déterminer des scléroses viscérales. Le cerveau, loin de faire exception dans celte répartition, est un des parenchymes le plus souvent alteints. L’artério-sclérose cérébrale peut coïncider avec la sclérose

(4) P. Lonpe, Article « Artério-sclérose », in Pratique médico-chirurgicale.

(2) Hvucaarp, Rapport sur les formes cliniques de l’artério-sclérose au

X° Congrès de médecine interne, tenu à Genève du 3 au 5 septembre 1908. Semaine médicale, 9 septembre 1908, p. 435.

REA NES des artères périphériques et les diverses scléroses viscérales : c’est ce qui arrive habituellement; mais elle peut aussi rester isolée et ne s'accompagner aucunement de l'aiteinte des autres lerriloires artériels.

L’artério-selérose encéphalique frappe le plus ordinaircment les branches du polygone de Willis (basilaire, cérébrale antérieure, sylvienne, cérébrale postérieure) que l'on trouve souvent, à l’autopsie, farcies de plaques athéromateuses plus où moins étendues et plus ou moins confluentes. Elle sévit aussi sur les artères de moindre importance, rameaux des précédentes, dont elle détermine la transformation scléreuse. Aux plus fines artérioles elle préfère réserver un processus de dégénérescence graisseuse ou granulo-graisseuse.

Les conséquences analomo-pathologiques de ces lésions vasculaires sont de deux ordres :

1° Les conséquences mécaniques ou vasculaires, dues aux al!éralions pariétales des artères.

20 Les conséquences trophiques dues aux troubles de nutrition des territoires irrigués par ces artères malades.

A) Conséquences mécaniques ou vasculaires. — Ce sont d’abord les anévrismes miliaires appendus aux artérioles (surtout dans la capsule interne, la capsule externe et les noyaux opto-striés) : les artérioles, dont les parois adultérées sont devenues moins résistantes, se sont laissé distendre en certains points sous l'influence de la poussée sanguine et ainsi se sont formées des poches anévrismales.

Ce sont aussi des hémorragies, plus ou moins importantes, dues soit à l'éclatement d'une de ces poches par suite d’une hypertension sanguine momentanée ou continue, soit à Ja rupture d’une artériole ordinaire dégénérée, plus friable et mal soutenue par la raréfaction des tissus voisins.

B) Conséquences trophiques. — Les vaisseaux sclérosés peuvent se thromboser : au niveau d’une plaque athéromateuse une coagulalion sanguine se forme; si elle est assez volumineuse pour obstruer complètement et définitivement

la lumière de l'artère, le territoire cérébral qu'irrigue cette dernière, ischémié, dégénère et meurt rapidement; c’est qu'en effet le caractère terminal des artères cérébrales Jui défend de recevoir les apports nutritifs nécessaires d’un afflux collatéral des réseaux vasculaires voisins : c’est là le phénomène du ramollissement cérébral, qui reconnait plus rarement pour cause une embolie, dans l'artério-sclérose encéphalique.

Mais la thrombose peut être incomplète et rétrécir seulement le calibre du vaisseau: celui-ci peut aussi être diminué — en dehors de toute thrombose — du seul fait de la sclérose pariétale qui est toujours rélractile ; ou bien encore, les tuniques artérielles qui ont perdu leur élasticité ne peuvent plus aider le travail du myocarde et chasser vers la périphérie, en revenant sur elles-mêmes, l’ondée sanguine qu'il leur a confiée; et enfin, les capillaires dégénérés peuvent êlre moins perméables aux échanges nutritifs entre le sang et les tissus ambiants : pour toutes ces raisons et sans qu'il y ait ramollissement, les éléments histologiques souffrent autour d'un vaisseau scléreux; les cellules nerveuses, plus délicates parce que plus hautement différenciées, pâtissent davantage que la névroglie interstitielle; et landis que celles-là dépérissent, celle-ci, que les privations semblent stimuler, exciter, fouetter, prolifère et son extension détermine la déchéance plus rapide des éléments nobles qu’elle enserre, étouffe. dont elle . prend finalement la place.

Ainsi se conslituent dans le cerveau, au voisinage des. vaisseaux fibreux, des foyers, des trainées de sclérose comme il s’en forme dans le foie, dans le cœur, dans le rein autour des artères dégénérées. Mais tandis que la sclérose de ces viscères, dont le tissu de soutien est un tissu conjonctif, est une sclérose conjonctive, dans les centres nerveux où le tissu conjonclif n’exisle pour ainsi dire pas et où c’est la névroglie qui remplit le rôle de soutien, la sclérose est une sclérose névroglique.

Différents types et différentes localisations ont été décrits

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