DIAGNOSTIC
Le diagnostic positif est grandement facilité par l’interrogatoire et par l’examen. Les commémoratifs sont de grande importance et nous avons insisté suffisamment sur la nécessité de bien creuser les antécédents pour y retrouver les signes de la syphilis des parents. C’est autant les parents, dit Mauclaire, que l’enfant lui-même qu'il faudrait pouvoir examiner dans les cas douteux et insidieux.
L’examen révèlera la présence des stigmates habituels de la vérole chez le jeune sujet.
La réaction de Wassermann sera mise en œuvre et viendra apporter son appoint à la discussion et l’observation première montre que, parfois, c’est seulement par la mise en œuvre de tous les moyens cliniques et de laboratoire qu’on peut arriver au diagnostic. La. perforation de la voûte palatine et le développement simultané de plusieurs arthrites permit seulement de préciser le diagnostic étiologique.
D'une part, chez ce petit malade, tout contribuait à écarter le diagnostic de syphilis : les grossesses normales, sans traitement spécifique, les dénégations des parents, étaient déjà des arguments de quelque valeur.
L'âge du malade (6 ans) n’était pas celui de la syphilis articulaire héréditaire qui se voit surtout entre 8 et 14 ans.
Il est vrai que le professeur Kirmisson a vu cette lésion chez un nourrisson de dix-huit jours et notre observation IT à trait à un enfant de dix-sept mois.
Nous n’avions pas les caractères classiques de l’arthrite syphilitique, ni la bilatéralité ou la multiplicité de l’atteinte articulaire, ni l’exagératon nocturne des douleurs, ni l’absence d’attitudes vicieuses, ni l’indolence des mouvements passifs, jointe à leur facile exécution, dans les premiers examens. La triade de Hutchinson n’éxistait pas.
Sans doute, une réaction de Wassermann et le traitement d’épreuve eussent montré, dès le début, l’erreur de diagmostic; ni l’un ni l’autre ne furent mis en œuvre, tant le diagnostic d’arthrite tuberculeuse paraissait net. Il faut done, même dans les mono-arthrites, songer à la syphilis, comme le faisait remarquer Le Fort (Congrès de gynécologe, Lille, 1913), et ne pas hésiter dans les cas de ce genre à rechercher systématiquement la réaction de Wassermann.
Le malade de l’observation IIT est aussi un exemple à retenir. Il y avait cinq enfants en bonne santé et le père était mort de tuberculose pulmonaire, on pouvait done penser à la tuberculose, maïs l’évolution anormale de l’arthrite tibio-tarsienne (début le 8 janvier 1914, fistulisation le 11 janvier) éveilla l’attention. Le Wassermann fut positif et le traitement d’épreuve amena une guérison intégrale en deux mois.
1° L’ostéomyélite des nourrissons frappe souvent le fémur et se complique d’arthrite si fréquemment qu’on considère celle-ci comme un signe clinique presque constant. On la reconnaîtra à son tableau clinique aïgu, c’est une affection à début brusque, qui s’accompagne de fièvre et qui se termine par la suppuration, ce qui ne s’observé pas dans la syphilis. ;
Dans ses formes chroniques, l’ostéomyélite se reconnaftra à son siège juxta-articulaire. | 2° La fièvre de croissance n’existe pas pour certains auteurs qui en font une poussée d’ostéomyélite atténuée ou une tuberculose discrète. Elle se reconnaîtra à son siège juxta-articulaire, respectant l’articulation, à la multiplicité des points douloureux qui frappent le squelette simultanément, à ses lieux d’élection sur les cartilages les plus fertiles : extrémité inférieure du fémur et supérieure du tibia. Extrémité supérieure de l’humérus et inférieure du radius
et du cubitus.
3° La maladie de Parrot se reconnaît à la mobilité anormale avec crépitation.
4° La tumeur blanche tuberculeuse se reconnaîtra aux signes suivants : |
L'état général du sujet est en général plus altéré que dans la syphilis, il peut y avoir de la température, ou coexistence de lésions tuberculeuses disséminées. soit cutanées, soit osseuses ou bien atteinte des poumons.
Ad’examen, l’articulation est douloureuse, non seulement elle est douloureuse à la palpation et à la mobilisation, mais encore spontanément, nous savons, au contraire, que l’indolence est un des caractères de l’arthrite syphilitique.
L’adénopathie accompagne presque constamment la tuberculose articulaire, il y à des contractures qui, si un traitement rationnel n’est pas appliqué, vont produire des attitudes vicieuses, celles-ci ne s’observent pas dans la pseudo-tumeur blanche.
Le gonflement articulaire dans la tuberculose est constitué par un empâtement fongueux, bien différent de la sensation donnée à la palpation par la synoviale épaissie par places, blindée, de la syphilis.
Enfin, il peut y avoir des fistules dans la tuberculose.