‹ La PsittacoseChapitre 5 sur 18 · THOMAS · texte numérisé non relu

THOMAS

M. le Docteur COURTOIS-SUFFIT étudie un autre cas, rue de l’Orillon. M. P..., employé chez un marchand de perruches, tombe malade le jour même où il est allé soigner les volatiles de son maître; ce fait ne semble pas être d'accord avec la durée de la période d'incubation, qui varie de 8 à 12 jours, comme nous le verrons plus tard. Mais il est fort possible que la date de la contamination remonte à plusieurs jours, M. P... étant fréquemment en rapport avec les perroquets. Ce malade fut hospitalisé à la maison Dubois, dans le service de M. le Professeur FIESSINGER, qui a communiqué son observation à la Société Médicale des Hôpitaux, à la séance du 4 avril 1930. Ce cas s'est terminé par la guérison.

I] n’en a pas été de même pour Mme Veuve N..., employée dans un laboratoire renfermant des perroquets; cette femme est morte de psittacose au mois de mars 1930.

M. le Docteur René BÉNARD étudie un foyer de quatre cas dont les conditions épidémiologiques sont typiques. Un employé du ministère, M. G..., habitant chez des amis, M. et Mme D..., avenue du Maine, trouve une cage perdue ou abandonnée, renfermant deux perruches ; le lendemain, il montre sa trouvaille à M. et Mme D... qui constatent que l’un des oiseaux semble malade, et ils se refusent à les garder. M. G... conserve les bêtes dans sa chambre pendant quelques jours, puis en fait cadeau. à une de ses collègues, Mile J. D..., habitant Bondy. Le 26 février, douze jours après avoir trouvé les perruches, M. G... tombe malade ; les 27 et 28 février, M. et Mme D... qui n’avaient été en contact avec les volatiles que quelques heure, le 15 février, sont frappés à leur tour, soit une

incubation de 12 à 13 jours. Enfin Mlle J. D..., qui avait pris les perruches le 24 février, ressent ses premiers malaises 13 jours après, le 9 mars.

Tandis que M. et Mme D... guérirent, l'employé de ministère et sa collègue, qui avaient eu un contact plus prolongé avec les oiseaux, firent de graves complications pulmonaires et moururent, l’un le dixième jour, l’autre le quatorzième jour de l'affection.

D'autres observations ont été publiées. M. Pasteur VALLERY-RADOT décrit une petite épidémie de laboratoire où la contagion semble s’être faite par l’air; tous les malades ont guéri.

M. le Professeur CARNOT a traité à Auteuil, au début de janvier 1930, un foyer familial survenu chez un marchand d'oiseaux ; le marchand, sa fille et sa temme furent atteints : cette dernière mourut.

Un autre cas, indépendant des précédents, causé par deux perruches, achetées, l’une sur les quais, l’autre dans une baraque foraine, a été étudiée au même moment par MM. CARNOT et Jacques DUMONT. Ces quatre cas ont été exposés le 8 février 1930 par M. le Professeur CARNOT à la clinique médicale de l’Hôtel-Dieu.

Dans la séance du 4 avril de la Société Médicale des Hôpitaux, M. DE MASSARY a signalé deux autres cas chez une jeune femme et sa bonne; cette dame avait acheté au marché d'oiseaux d'Auteuil six perruches qui étaient mortes peu après.

M. le Docteur RIVET a observé aussi un cas fort typique : Mme L... tombe brusquement malade le 20 janvier : ce n’est que le 14 février que l’on apprend que cette dame possédait six perruches gagnées à la foire par son mari; trois étaient mortes le 14 janvier ;

deux autres ont été données par le mari à un ami, mais elles ont été immédiatement mangées par le chat de la maison, mais celui-ci ne présenta aucun trouble; la dernière enfin fut mise en liberté. La malade guérit.

De plus, le Docteur CHABROL a communiqué un cas inédit.

Il convient d’ajouter à cette liste, la contamination survenue à l’Institut Pasteur chez || personnes manipulant des perruches malades ou mortes, contamination qui a entraîné un cas mortel. Les perruches qui ont déterminé ce foyer provenaient du Havre, où elles étaient arrivées le 31 janvier, venant de Bahia : sur 275 oiseaux au départ, 30 seulement sont arrivés vivants et 8 matelots du navire ont été malades.

En résumé, 28 cas auraient été signalés au total dans la région parisienne et 4 furent mortels.

Il semble que pas un seul cas n’ait été signalé en province.

« Inutile de dire, signale M. SACQUÉPÉE, que le chiffre réel des atteintes est certainement bien supérieur et se révèlera tel le jour où la maladie sera mieux connue et systématiquement recherchée. »

Aussi la psittacose n'est-elle plus une simple menace, malgré son caractère « d’épidémie de maison », et c’est à juste titre qu'elle doit retenir l'attention.

Notions étiologiques

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