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A la fin du xvure siècle, cette question, déjà par elle-même
bien délicate à trancher, se compliquait encore, dans une large mesure, de préoccupations et de difficultés métaphysi-
ques. En étudiant les rapports de l’activité mentale et du cer-
veau, on s’inquiétait trop souvent de ce qu'on avait appris par ailleurs, de l'unité du principe spirituel, de l'éminente A dignité de l'âme et de la vie future à laquelle elle était des- tinée. C'est ainsi que, dès le milieu du xvur siècle, il était de | mor courante que les nerfs cérébraux ne partaient point à d'un centre commun, puisque Lamettrie, plus philosophe . qu'anatomiste, use de cet argument, dans son Histoire natuhi: relle de l’Ame (1745), pour démontrer que l'âme ne saurait
Hi $ occuper un seul point (Signalons au passage que Lamettrie #: fut l'élève de Boerhaave, qu'eut pour maître Van Swieten, É avant d'être, à son tour, à Vienne le maître de Gall). Bonnet, que nous verrons tout à l'heure admettre l'hypothèse de la pluralité des organes cérébraux, reconnaît de même que le à 'centre de réunion des nerfs est inconnu anatomiquement. - Maisles idées s'enchainent et viennent des sens. Donc les fibres sensorielles communiquent secrètement entre elles et le point où cette communication s'opère est le siège de l’âme. . À" C'est que, pour atteindre au but qu'il poursuit dans sa Palin- L. géneésie, c’est-à-dire pour assurer l’immortalité aux âmes, non seulement de l'homme, mais des animaux, il croit avoir besoin d’un organe universel, visible et palpable, centre apparent de l’activité mentale, qui en contienne à son tour ‘4 un autre, germe du nouveau corps, véritable siège de l’âme et de la personnalité (Œuvres d'Histoire Nalurelle et de Philo- … sophie, Neufchâtel, t. VII, 1783). Telles étaient les conditions » auxquelles les localisations cérébrales en venaient à devoir satisfaire.
{ D'autre part, les partisans de l’hétérogénéité du cerveau ou bien l’entendaient tout autrement que Gall ou bien s’en tenaient au principe sans passer aux applications.
Willis, en effet, qui, comme le dit Charlton Bastian (Le Cer- veau Organe de la Pensée, etc., 1882, IL, p. 143), est, en un sens, le « père de la phrénologie » et dont tous les anato- . mistes qui, au xvine siècle, cherchèrent à définir les fonctions ‘1 des diverses parties du cerveau, suivirent la méthode, n'opère lement ses localisations, tant au point de vue anatomique
he que Gall: la substance blanche mérite pour lui, à cet
ul 0 qu'au point de vie psychologique, suivant les mêmes prin-
égard, la même considération que la substance grise et aux différents étages du cerveau, ce sont la perception, la mémoire, l'imagination, l'entendement, toutes facultés dont Gall niera l'existence autonome, qu'il se trouve localiser. Une telle hétérogénéité n'est, au fond, qu'une homogénéité qui s'ignore, Car tout état mental un peu complexe supposant l'intervention du moi, de la mémoire, de l'imagination, et s'accompagnant d’un certain état moteur et affectif, la participation du cerveau tout entier est nécessaire à la réalisation d’un quelconque des états psychiques dont notre vie mentale est faite.
Mais, surtout, la plupart des auteurs, Van Swieten, Prochaska, Bonnet, Haller, Sômmering, Richerand, Cuvier se
contentent de constater la probabilité ou l'évidence de l’hété- F rogénéité du cerveau et de la pluralité des organes dont il J est composé, mais proclament l'impossibilité momentanée à
(Prochaska, Sümmering, Richerand, Cuvier) ou définitive k& (Haller) de les déterminer, quand, comme Bonnet, ils ne à concèdent pas, en même temps, à l'âme un siège unique et « presque immatériel, pour les besoins de leur métaphysique, } ou, comme Haller, ne se montrent pas plus souvent encore adversaires que partisans de la différenciation fonctionnelle du cerveau. Cependant certaines hypothèses étaient risquées sur l'emplacement relatif des organes cérébraux et c’est ainsi que, selon Boerhaave el Prochaska (Gall, Anatomie et Physiologie du Système Nerveux, II, 250), le siège de l'imagination 1 devait être loin de celui de la perception, car, durant le som- k meil, notre imagination travaille, tandis que nous ne percevons rien : indication dont Gall fera son profit, car il posera
en principe que les organes sont d'autant plus éloignés les M uns des autres que leurs fonctions sont plus indépendantes: À
3° Les esprits animaux, discutés et combattus au cours " du xvirre siècle, conservaient encore un reste de crédit. Or. si les mouvements d'un fluide sont la condition des phénomènes mentaux, on conçoit aisément que le principe des localisations : cérébrales perd tout ou partie de sa portée : on ne saurait, en effet, assigner alors aux états et aux facultés psychiques un siège immuable. D'autre part, la conception des esprits animaux avait contribué à faire adopter, sur la constitution du système nerveux, les opinions les plus erronées, à faire considérer, par exemple, le cerveau comme une glande ou comme un réseau de minuscules canaux. Aussi, à la fin
ablie entre les éléments nerveux et les parties du cerveau, ne s'était-elle pas encore précisée et fixée. En 1796, deux ans % ‘ant que Gall publie les lignes fondamentales de sa doc- {rine, Sommering (Ueber das Organ der Seele) localise encore fr Päme dans le liquide ventriculaire et les parois des ventricules, dernière expression historique, probablement, de l'imortance longtemps attribuée aux fluides et de la méconnaisance complète du rôle des circonvolutions.
Or, chez Gall, les considérations métaphysiques - sont 4 - écartées: les passions reçoivent un siège dans le cerveau, 4 grâce à une argumentation que Comte juge décisive (Cours
de Philosophie Positive, Ed. Schleicher, t. LIT, 4908, p. 423) et que Vulpian reprendra encore, partiellement, en 1866, dans … ses Leçons sur la Physiologie générale el comparée du Système … Nerveux (p. 702) ; la substance grise, les circonvolutions de l'écorce cérébrale acquièrent la dignité qu'elles ont conservée de nos jours; les organes cérébraux, avec leurs activités électives et spécialisées, sont conçus comme nos centres Corticaux. En un sens, M. Soury, qui ne fait, du reste, que traduire l'opinion commune, était donc bien en droit d'écrire : « L'ère des localisations cérébrales s'ouvre enfin avec Gall » : £ » (Le Syslème Nerveux Central, p. 497. — Nous nous sommes, 3 pour établir ce qui précède, fréquemment inspiré de cet ouvrage, ainsi que du travail de Max Dessoir, Geschichte # der Neueren Deutschen Psychologie, 2 édition, Berlin, 1902).
Si, pour confirmer ses théories sur la continuité de la nature, l'innéité des facultés et leur dépendance des organes cérébraux, Gall invoque souvent Herder et ses Ideen zur 1 Philosophie der Geschichte der Menscheit (1784-1791) (Ana- ‘ tomie et Physiologie du Système Nerveux, II, pp. 6, 9, 22, 27, 47, 57), il est, cependant, manifeste que, en ce qui concerne la Méontinnité de la nature, il a subi l'influence de Leibniz, sinon directement, du moins par l'intermédiaire de Bonnet. « Rien n’est plus célèbre en histoire naturelle que l’échelle des étres, imaginée par Bonnet », écrit Flourens dans son Analyse Raisonnée des Travaux de G. Cuvier (1841, p. 250), et il constate, dans son Histoire des Travaux el des Idées de Buffon (1850, . 36), que Bonnet a eu, sur ce point, Buffon pour devanier.
Cette notion de la continuité de la nature est, du reste,
chez Gall, antérieure, à l'élaboration de son système : car, dans son premier ouvrage : Philosophische-medizinische Unter-" suchungen über Natur und Kunst im gesunden und kranken Zustande des Menschen (Vienne, 1791), — dont nous n'avons malheureusement pu avoir connaissance, mais qui, évidemment, « n'a rien de commun avec son système phrénologique » tant d’après le témoignage de Morel (Trailé des Dégénéres cences, etc., 1857, Préface, p. X). que d'après sa date, puisqu la Lettre à Retzer, première publication des conceptions craniologiques, ne paraîtra qu’en 1798, — Gall « considère » selon Morel (Z. c.}, « l'état de santé et de maladie Ghes 0 l'homme dans ses rapports avec les lois qui président à l'état 118 de santé et de maladie chez tous les êtres créés du règne. animal et du règne végétal », et, par conséquent, fait, dans ses recherches de pathologie genérale, application du principe qu'il utilisera plus tard pour déterminer les fonctions, du cerveau.
Gall a encore Bonnet pour devancier dans sa conception anatomique de l’innéité des facultés et des conditions de la connaissance : « Chaque espèce de fibre sensible a été originairement construite sur des rapports déterminés à la manière d'agir de son objet » ; « chaque partie du Végétal ou de l'Animal a une organisation qui lui est propre, d’où résul- 0 tent ses fonctions », écrit Bonnet (Z. c., Analyse Abrégée de l’Essai Analytique, p.13, et Palingénésie Philosophique, p. 306), À qui ailleurs (1. c., Essai des Principes Psychologiques de l'Au- 4 Leur, p. 105) ajoute : « 1] n’est donc rien d'isolé ou de solitaire dans la Nature, le Cerveau, destiné à peindre à l'Ame la "#0 ï Nature, a donc été organisé dans un rapport direct à la Nature. Il y a donc entre les fibres sensibles du Cerveau des nn. rapports ou des liaisons analogues à celles qui unissent les à divers Objets de la Nature ». fr Ni en anatomie comparée, ni en psychologie animale, Gall ne semble, non plus, avoir été un novateur. Dans son Rap- “ port Historique sur les Progrès des Sciences Naturelles me % 1789 et sur leur Etat Actuel présenté à Sa Majesté l'Empereur et Roi en son Conseil d'État, le 6 février 1808, etc., Cuvier nous montre l'anatomie comparée, après le recul que, dans la première moitié du xvmre siècle, lui fit subir l'influence 1 des botanistes, prenant, avec Buffon, Daubenton, Pallas, Haller, un nouvel essor et ayant en Hunter, les deux Monro, de qr
« L'Europe, conclut-il (p. 321), compte maintenant plusieurs savants qui s'occupent, soit de disséquer les animaux qui n'ont pas encore été examinés anatomiquement, soit d'employer l'anatomie à déterminer la nature des animaux et à expliquer leurs fonctions, soit enfin de faire réfléchir les rayons de l'anatomie comparée sur la physiologie générale ». De même, en psychologie animale, sans doute Gall ajoute à l'œuvre de ses devanciers des observations et des vues personnelles, mais il ne fait que suivre la voie tracée, outre Bonnet, par Réaumur (Mémoires pour servir à l'Histoire des Insectes, 1134-1742), Trembley (Mémoire pour servir à l'Histoire d'un genre de Polypes d'eau douce à brasen forme de corne, 174%), Condillac (Traité des Animaux, 1755), Reimarus (Allgemeine Betrachtungen über die Triebe der Tiere, hauptpsächlich über ihre Kunsttriebe, etc., 1760), G. Leroy (Lettres philosophiques sur l'Intelligence et la Perfectibililé des Animaux, 1781), etc.
Sur les points que nous venons de signaler, si Gall ne s'applique pas toujours suffisamment, comme le lui a reproché Georget (De La Physiologie du Système Nerveux, etc., 1821, I, p. 78), à rendre à chacun ce quilui est dû, du moins estil assez abondant en références et en citations. Son attitude à l'égard de Hartley et des philosophes écossais n'en est que plus singulière.
Dans son grand ouvrage Gall ne cite Hartley qu'une fois : « Peu à peu l’on revint à cette question : est-ce l'âme qui opère dans le corps tous les changements dont la plupart ont lieu sans qu’elle en ait la conscience ? Whytt, Sauvages, Hartley, Unzer, Charles Bonnet, etc., reconnurent et soutinrent qu'au moins toutes les fonctions naturelles du corps se faisaient indépendamment de la conscience et de la spontanéité, par conséquent d’une manière nécessaire, et que l'âme ainsi bornée dans son empire, avait son siège dans dans tout le corps. » (Anatomie el Physiologie du Système Nerveux, 1, Introduction, p. #4). En cet unique passage il ne fait, on le voit, aucune allusion aux théories auxquelles Hartley doit sa réputation. Gall ne semble pas se douter que l’auteur des Observations on Man, his Frame, his Duty and his Expectations (1749) puisse passer pour un de ses précurseurs. Cependant, non seulement la cinquième édition anglaise de Hartley est de 1810 ; non seulement en 1802, il avait été traduit en français par l'abbé Sicard. directeur de lInstitu-
tion des Sourds-Muets, que Gall cite LEUR parmi e autorités pédagogiques (idem, Il, p. 33), tandis que, ailleu (idem, AI, p. 191), il se donne comme ayant été médecin d 3 la même Institution. Mais encore, dans le rapport cité tout à l'heure, Cuvier, parlant des conceptions qu'on tendait alor à se faire des fonctions du cerveau, ajoute que les « prin@ paux germes » s'en «trouvent surtout assez nettement dans le ouvrages de Bonnet et de Hartley », met à la ligne et con tinue : « M. Gall. » (p. 254). Or il est sûr que Gall a lu € rapport, puisque, en en reproduisant les termes mêmes, rappelle le jugement porté par Cuvier sur sa doctrine (idem II, p. 251). Donc il ne pouvait pas ignorer que Hartley avai soutenu, sur le rôle du cerveau, des idées qui rappelaient, au moins, les siennes. Mais la théorie de Hartley est toute h physiologique et ne comporte ni conceptions ni hypothèses anatomiques ; peut-être est-il apparu à Gall que, dans ces conditions, les visées de Hartley différaient trop des siennes pour qu'il eût à en faire état. Cependant il est douteux qu’Aristote, les Arabes, les Pères de l'Eglise se soient davantage approchés de l'opinion de Gall et, cependant, il les cite à diverses reprises. Reste à admettre que Fossati nous dit. moins encore que la vérité, quand il attribue à Spurzheim dans l'œuvre commune un rôle de documentateur et de fournisseur de fiches (Biographie Générale de Didot). Gall n’aurait alors rien dit de plus de Hartley parce que Spurzheim ne l'aurait pas lu, et la seule allusion qu'il fasse à cet auteur n’est pas de nature à infirmer cette hypothèse. 4 D'autre part, à la fin du xvre siècle, la réaction contre l'empirisme et le sensualisme, à laquelle Gall se trouve s'être associé, a été menée par les philosophies allemande et écos- … saise. Gall cite quelquefois Kant (idem, 1, p. 4, définition de la vie d’après Kant; p. 107, allusion, sans nommer Kant, au 4 philosophe qui construit « de son moi le monde extérieur »; b. Il, pp. 68 et 89, allusions aux théories de Kant sur la liberté … et sur la vertu ; p. 70, approbation de la distinction faite part # Kant du désir et de la volonté ; p. 149, rappel de l'opinion de Kant renvoyant la question de l’action réciproque de l'âme x a et du corps aux médecins et aux physiologistes ; IL, p. 70, faible développement du cervelet et, par conséquent, de Pins | tinct de la propagation, chez Kant ; IV, pp. 121-122, critique des théories kantiennes : « Leur dogme, par exemple, que le temps et l’espace ne sont qu'une forme à laquelle Hors 5
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éntendement est assujéti, me paraît d’une généralité telle qu'il ne trouve d'application à aucune science ni à aucun art » ; reproche fait aux kantiens « de construire tout le monde extérieur avec de prétendus matériaux pris dans leur intérieur » ; constatation que le crâne de Kant est porteur de la saillie osseuse caractéristique de l’esprit métaphysique, de la profondeur d'esprit); mais il ne parait pas s’apercevoir des rapports de leurs doctrines. Entre la méthode par laquelle Kant aboutit aux catégories et la façon dont il les conçoit, d'une part, et, d'autre part, les procédés dont use Gall pour déterminer les facultés et la façon dont il les comprend, les différences sont, il est vrai, assez profondes pour avoir masqué à Gall les analogies.
Mais les Ecossais partent, comme lui, de l'expérience et veulent, comme lui, faire de la psychologie une science d'observation, sur le modèle des autres sciences. Le mouvement écossais commença à être connu en Allemagne, d'après Dessoir (2. c., p. 133), dans le dernier quart du xvur siècle. En France, l'attention avait été attirée sur lui par l'Histoire comparée des Systèmes de Philosophie de Degérando (1804) et le cours de Royer-Collard de 1811 (Boutroux, £tudes d’Hisloire de la Philosophie, 1897, pp. 418-422). Dans le milieu médical français du début du xrxe siècle..il est vrai, les conceplions de Reid et de Dugald-Stewart semblent avoir été à peu près ignorées, Car il n’en estpas ditun mot dans l’article de Rullier sur les Facultés que nous avons déjà signalé. Le silence de Galln’en est pas moins étrange. D'une part, en effet, il connaissait d’autres Ecossais : il nomme Grégory (idem, I, p. 5), cite une fois les Essays on the Principles of Morality and Natural Religion (1751) d'Henri Home (II, p.202) et donne d'assez longs extraits de l’Essai sur l'Histoire de la Société Civile d'Adam Ferguson ({raduclion Bergier, 1783), dans son quatrième volume, rédigé sans le concours de Spurzheim (pp. 107, 128-130, 198-199, 249). D'autre part, entre la psychologie des facultés de Gall et celle des Ecossais, les rapports, comme l’a montré Garnier (La Psychologie et la Phrénologie Comparées, 1839, p. 17), sont plus que frappants, Peut-être la solution de ce problème nous est-elle apportée par la réponse que fit Spurzheim à Garnier qui lui avait soumis l’objection (2. c., p. 24). L’absence, dans la psychologie écossaise, des recherches et des constatations organologiques sans lesquelles, à ses yeux, il n’est point possible d'affirmer
l'innéité d'une faculté, semble, en effet, rendre le phrénologiste insensible aux plus évidentes analogies. Or, lorsque, résumant à la fin de son œuvre sa théorie des facultés, Gall déclare qu’il ne rapportera pas, « pour les réfuter », les systèmes de ses devanciers, qui « se laissaient guider par une fausse philosophie relativement aux qualités et aux facultés de l’homme » (idem, IV, p. 225), on s’aperçoit, de même, aussitôt, que, au nombre de ses devanciers, il compte seulement ceux qui «cherchaient des organes » (idem, IV, p. 226).
Aussi n'est-ce, sans doute, pas à Reïd et à Dugald-Stewart que Gall fait allusion quand, après avoir déclaré : « Tels sont les motifs qui, dans les objets importants, nous ont déterminés à en donner toujours l'histoire littéraire » (idem, I, préface, xxiv), il ajoute : « Aussi regrettons-nous que les circonstances actuelles ne nous aient pas permis de nous acquitter entièrement du devoir de la reconnaissance envers les auteurs des autres nations, particulièrement envers les Anglais » (id., xxv). En tout cas, ces circonstances, qui n’empêchaient pas d’ailleurs Cuvier de citer Hartley, Hunter etles Monro, si elles pouvaient être alléguées en 1810 et en 1812, lors de l'apparition du premier et du second volume de l'Anatomie el Physiologie du Système Nerveux, avaient tout perdu de leur actualité après la chute de Napoléon, et c’esten 1818 et en 1819 que furent publiés les troisième et quatrième volumes.