‹ La psycho-physiologie de GallChapitre 5 sur 35 · SR · texte numérisé non relu

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mêlée de polémiques. Il part en guerre, tour à tour, contre ceux qui l’accusent de matérialisme et

de fatalisme, contre les sensualistes, tel Condillac,

contre les métaphysiciens, tel Laromiguière, contre les physiologistes, tel Flourens. En ces discussions

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il est, souvent, fort difficile de faire le départ entre

ce qui intéresse la psycho-physiologie générale et ce qui à trait à la craniologie : à travers la psy-

cho-physiologie générale, c’est à la craniologie

que les adversaires de Gall s’attaquent le plus

généralement, et, de même, ce que Gall a toujours à cœur de défendre, à travers sa psycho-physiolo-

gie générale, c’est le système auquel elle aboutit

à ses yeux.

Étant donné l’objet que nous nous proposions, il n’y avait pas lieu de nous arrêter à ces polémiques et nous ne les utiliserons que dans la mesure où elles nous apportent des éclaircissements sur la psycho-physiologie générale de Gall et ses idées directrices.

Pour permettre au lecteur de se faire une idée de ce que les conceptions que nous allons étudier peuvent avoir eu d’original, il nous a paru indispensable d'ajouter ici quelques éclaircissements historiques, sans prétendre, bien entendu,

faire, de l'état des sciences physiologiques et psychologiques, u moment où Gall écrivait, et des influences qu'il a subies, ‘un exposé, que notre sujet, tel que nous l'avons délimité, ne « omporte pas.

Ni le rattachement au cerveau de Pactivité mentale ni l'hypothèse qu'il est constitué par des organes différenciés répondant à la diversité des manifestations psychiques ne … datent de Gall. Il suffit de le lire pour s’en convaincre . (Anatomie et Physiologie du Système Nerveur, etc., IL, p. 58, passage où, pour se défendre de l'accusation de matérialisme, il allègue que « les médecins physiologistes et les philosophes font tout dépendre du cerveau, au moins les qualités de l'esprit, l'attention, la mémoire, l'imagination, etc. »; idem, IL, section IV, de l'organe de l'âme, section NV, sur les moyens de trouver, à l'aide de l'état du cerveau, une mesure . pour les facultés intellectuelles et les qualités morales, secion VI, sur la pluralilé des organes, où, de l'antiquité au vie siècle, il présente un très rapide historique de la question). Ilne se fait pas faute, du reste, de déclarer au besoin qu «il | est généralement reconnu que le cerveau est l'organe particu- lier de l'âme » (idem, IL, 9, note) ; que « depuis assez long- temps, l’on convient que le cerveau est l'organe particulier de l’âme» (idem, LI, 23). « M. Sômmering a allégué déjà une partie de ces preuves », avoue-t-il encore (idem, Il, 180, note), au cours de la démonstration des fonctions mentales du cerveau que nous rapporterons dans la suite. Sa seule prétention est de de mettre dans l'établissement de sa thèse plus de rigueur et de précision que ses devanciers : « Depuis longtemps, des philosophes, des physiologistes et des médecins, soutiennent # que le cerveau est l’organe de l'âme : il pourrait donc paraître 4 superflu de faire encore des recherches sur ce sujet. Mais ‘5 autre chose est de répéter des opinions hasardées, accueillies « pour un moment, oy de dév elopper une vérité dans toute son # have, et la rattacher à la science sous tous ses rapports » (idem, K, 150).

Il en est de même à l'égard de la pluralité des organes cérébraux. Si, dans son article sur le Cerveau (Dictionnaire 4 des Sciences médicales, t. IV), il commence par prétendre qu’ « on se borne jusqu'ici à dire en général que le cerveau est l'organe ou, selon d’autres, le siège de l'âme » (p. 462), il ne tarde pas à ajouter (p. 478) que « cette vérité que l'âme ppnent d'organes différents qu'elle peut exercer de facultés

BLONDEL. — Psycho-physiologie. 2

différentes, a été présentée très anciennement ; plusieurs ont | de même fait graver des planches dans lesquelles sont marqu les sièges particuliers du sens commun, de l'imagination de la mémoire et du jugement », et, au tome Il de son grand ouvrage (p. 259), à Rudolphi, qui soutenait que les parties cérébrales sont trop semblables entre elles pour être des organes particuliers, il répond, en s'appuyant sur une citation de la Physiologie de Richerand : « Combien ce langage est différent de celui des autres physiologistes, qui regardent comme démontré, que le cerveau est un assemblage de plusieurs organes; parce que dans le cas contraire on ne concevrait pas pourquoi on y trouve tant de parties si différemment formées! » Mais, malgré cet hommage rendu aux physiologistes contemporains, après avoir énuméré les méthodes proposées par ses devanciers pour « trouver, à l'aide de l'état du cerveau, une mesure pour les facultés intellec- | ‘4 tuelles et les qualités morales », il n'en conclut pas moins: «Il résulte de tous ces essais infructueux, que, jusqu’à nos jours, on ne connaissait assez, ni la structure du cerveau, | ni ses fonctions, pour avancer quelque chose de positif, soit sur la nature des qualités des animaux, soit sur le moyen d'estimer à quel degré ils les possèdent » (idem, If, 230). MR.

Ce qu'il y a de nouveau dans les idées de Gall, ce n'est … donc pas, de son propre aveu, le principe des localisations cérébrales, mais la théorie qu'il en a apportée et la rigueur scientifique avec laquelle il la croit établie. A)

Il importe, toutefois, de ne pas oublier que, au moment où Gall conçut son système :

1° Les passions étaient encore souvent localisées dans les viscères thoraciques ou abdominaux, cœur, foie, estomac, système sympathique et même diaphragme (Buffon, Vicqd'Azyr, Reil, Richerand, Cabanis, Bichat).

90 Le conflit avait déjà éclaté entre partisans et adversaires … de l’homogénéité du cerveau. Mais à l'époque où Gallexposa son système, les partisans de lhomogénéité du cerveau étaient, semble-t-il, en majorité, car Rullier (Dictionnaire des Sciences médicales, t. XIV, 18145, article Faculté, p. 403) dit de Séné, un des adversaires de Gall, qu'il « croit tout simple- d: ment, avec la presque universalité des physiologistes et des philosophes, que le cerveau tout entier représente, dans la masse de ses parties matérielles, l'instrument universel de :

l'âme ».

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