L'ACTIVITÉ MOTRICE AD DÉBUT
très peu, à cette époque, répondre par le sourire au seul sourire de la mère ; il fallait, qu'il y eût, en outre, plaisir réel, appel de la voix, ou provocation à jouer. S'ils soijr riaient consciemment sans motif apparent de çeU© Q^ure, l'intention en était bien faible sans doute.
Les personnes qui, sans supprimer l'emmaillotement, savent l'atténuer et le concilier avec les exigences de t la liberté enfantine, laissant les jambesà Taise en même temps que les bras libres, savent quelle satisfaction, même avant l'âge de deux mois, l'enfant éprouvée remuer dans son berceau bras et jambes. En attendant que surgisse la faculté de locomotion, ses tendances motrices s'accusent par un exercice incessant. À ces mouvements, pour la plupart indistincts et peu précis, s'ajoutent aussi « les sons, si&ples à la vérité et sans articulation, mais cependant variés » (Tiedemann). Rien ne montre mieux les rapports intimes des centres moteurs des membres et des centres des mouvements d'articulation, que cette nécessité pour l'enfant et pojir l'aniinal d'associer des sons à des mouvements. M. Taine a fort bien noté ce double jeu dans la petite fille étudiée par lui : « Vers trois mois et demi, on la mettait au grand air sur un tapis dans le jardin; là, couchée sur ,1e dos ou sur le ventre, pendant des heures entières, elle s'agitait des quatres membres gt poussait une quantité de oris et d'exclamations variées, mais rien que des voyelles, pas de consonnes ; cela dura ainsi plusieurs mois. » Les sons, avec ou sans articulation, n'ont pas une bien grande importance pour le psychologue, puisque le langage appris du geste et de la parole commence à les rendre inutiles, aussitôt que l'enfant comprend la valeur expressive de ces derniers signes* Mais ils seraient très intéressants h étudier chez des enfants qui se trouveraient, si cela était possible, dans une situation telle qu'ils eusssent à réinventer le langage, sans y être aidés autrement que par les gestes de leurs éducateurs. L'expérience se fera peut-être un jour.
Revenons à l'étude des mouvements, si intéressante pour le psychologue, puisqu'ils expriment le plus souvent des phénomènes mentaux, et qu'à leur tour ils en produisent (1). Des mouvements très fréquents chez les petits eniants à peine âgés d'un mois sont ceux qu'ils produisent, quand on les tient, avec les deux bras, ou avec un seul, par une légère impulsion de bas en haut, sans utilité apparente, et d'une manière plus ou moins accusée, avec de petits frétillements dans les doigts de la main. De, même, quand leurs jambes sont libres, elles vont et viennent, montent et descendent, avec une régularité automatique qui rappelle certains mouvements convulsifs des adultes. Ne faut-il voir dans ces mouvements qu'une décharge d'un surplus d'activité nerveuse, qui n'a pas et ne cherche pas d'emploi spécial, mais qui n'en a pas moins son effet utile sur l'ensemble des fonctions vitales ? Il me semble qu'on peut raisonnablement y voir aussi l'effet de sourdes tendances actives à s'accuser par des mouvements spécialisés; et d'ailleurs, le résultat est facilité par ces mouvements, si l'on veut, sans portée finale. En effet, chaque nerf, chaque muscle, produit son action plus ou moins régulière; quand ses fibres et ses centres ont atteint un degré suffisant do force ou d'organisation. De plus, l'exercice, qui favorise la nutrition générale du corps, arrive ainsi à préparer le fonctionement de virtualités enfouies dans l'organisme, qui, quelquefois tout d'un jet, ou du moins sans gradation manifeste, surgissent à l'actualité véritable.
Pendant les trois premiers mois, les mouvements de la tête, soit de gauche à droite, soit de droite à gauche, sort de haut en bas, et de bas en haut, si longtemps faibles et incertains, se dessinent peu à peu davantage. Déjà, chez un enfant d'un mois et demi, j'ai noté un mouvement de la tête, qui suivait le regard dirigé de mon