Voir M, Ribot, Revue Philosophique, 1 er octobre
L'ACTIVITÉ MOTRICE AU DÉBUT d7
côté, tandis que l'oreille paraissait tendue pour m'écouter. Dans le cas d'une médecine prise et refusée, à sept semaines, j'ai vu un enfant faire à deux reprises la grimace du dégoût, avec une ébauche des mouvements qui signifieront plus tard non, mais qui n'étaient encore ici qu'inconsciemment répulsifs. Il y avait là cependant un progrès : l'enfant de huit jours ou d'un mois rejette les substances désagréables au goût, avec la grimace des pleurs, mais sans secouer la tête, ni la rejeter en arrière. Quant aux mouvements des yeux dans plusieurs directions, que Tiedemann a observés le second jour, et qui se produisent souvent chez les nouveau-nés, ils ne peuvent être considérés que comme des actions purement réflexes, même à l'âge de trois semaines ou d'un mois, puisque, je l'ai déjà dit, l'enfant est aveugle pendant une première période, dont la durée est impossible à déterminer. Il se peut toutefois que le contact des vibrations éthérées excite les yeux de ces jeunes êtres à s'agiter automatiquement, au hasard, comme s'ils avaient l'air de suivre des objets. Il peut même y avoir comme une étape nécessaire vers la faculté visuelle, car tout porte à croire à une vague correspondance entré la lumière et les tissus destinés à la vision, puisque une telle correspondance s'observe même là où il n'y a que peu ou point d'organe visuel. « L'œil rudimentaire qui consiste, comme celui des planaires, en un petit nombre de grains colorés placés sous le tégument, peut être considéré cortime n'étant simplement qu'une partie de la surface plus irritable à la lumière que le reste » (1). A plus forte raison peut-il en être ainsi pour l'œil du petit enfant, chez lequel existe un organe spécial de sensibilité à la lumière. Les mouvements automatiques que la pure irritabilité, sans nulle sensation lumineuse, fait produire à ses yeux, doivent, du reste, concourir à la nutrition des tissus musculaires et nerveux, dont le développement