‹ La psychologie de l'enfantChapitre 38 sur 109 · L'INSTINCT SEXUEL · texte numérisé non relu

L'INSTINCT SEXUEL

encore ici la parole à un représentant autorisé de la psychologie comparée :

« Les anatomistes modernes ont prouvé que la disparité des sexes est une différence beaucoup moins radicale qu'on ne serait tenté de l'imaginer. Le type est le même pour tous les individus d'une espèce. Le mammifère mâle a, comme l'autre sexe, les mamelles, auxquelles il ne manque que le développement. L'analogie se poursuit, sinon entre les proportions relatives des parties, du moins dans le plan général de structure, jusque dans les organes génitaux. Everard Home va jusqu'à penser que le germe, à l'origine, peut indistinctement être doué de l'un ou l'autre sexe, qui dépendrait de simples circonstances ultérieures, telles que les accidents de l'imprégnation.... Même dans les animaux supérieurs le sexe, bien qu'il ne puisse être changé, n'a pas quelque chose d'aussi exclusif qu'on le pense généralement. A la naissance et pendant toute la première période de la vie, il n'entraîne aucune manifestation propre ; la structure des organes génitaux est le seul moyen de le distinguer. C'est plus tard seulement que paraissent d'autres caractères, la barbe, les seins, la menstruation. L'oiseau mâle se pare des plus beaux joyaux de son plumage. Celles des affections mentales qui se rattachent aux phénomènes sexuels, nulles ou presque nulles jusque-là, éclatent maintenant dans toute leur force (1). »

Le même auteur cite un grand nombre d'exemples, empruntés à îa série des mamnifères ou des oiseaux, qui tendent à montrer que la déviation de l'instinct sexuel, allant jusqu'à la confusion anomale du sexe et de l'âge, ou la recherche exclusive des sensations qui se rattachent à cet instinct, n est pas spéciale à l'homme. Ces considérations physiologiques, [dans l'intention du célèbre naturaliste, n'ont pour but que

1. Houzeau, Études sur les facultés mentales des animaux, T I, p. L2T4 et suiv.

d'expliquer la brutalité de la passion de l'amour dans les différents animaux. Elles nous suffisent pour l'intelligence des mêmes excès dans l'homme, qui n'est pas un animal raisonnable, mais un animal qui peut et doit 1 être. Sans appuyer sur ces délicates questions, que des scandales fréquents de criminalité et le succès de certains romans, beaucoup moins funestes aux mœurs qu'ils ne le paraissent (1), imposent aux méditations des moralistes et à l'attention des législateurs, je me contenterai, comme je l'ai fait déjà, de signaler au* parents et aux éducateurs qui les ignprent les dangers possibles de la déviation et de la corruption de l'instinct sexuel, même à Tégard du tout jeune enfant* Qu'on me permette encore de citer quelques passages d'un livre à haute portée morale, dont l'adulte peut faire son profit, et pour les enfants de tout âge, et pour lui-même. Ma citation ne se rapporte qu'à l'intérêt moral du jeune enfant.

« L'observation, dès les premières années de l'enfant, dont il faut s'efforcer de gagner la confiance, le choix attentif de ses compagnons, comme de l'école qu'il fréquente et des études qui ne lui gâteront pas l'esprit, la formation de ses goûts, l'exercice en plein air, la camaraderie des frères et des sœurs, le choix du médecin, les relatiçns de société, les amusements ; tous ces divers points demandent à être examinés avec le plus grand soin.

« Le premier devoir des parents est d'observer le petit enfant. Il y a bien peu de parents qui sachent combien tôt j les mauvaises habitudes peuvent être contractées, et combien l'influence des bonnes (pourquoi des bonnes seulement?) peut être préjudiciable à l'enfant... L'œil de la mère, plein de tendresse et de respect, doit constamment surveiller ses enfants... Cette surveillance exercée sur le jeune enfant, la nuit comme le jour ? voilà le premier devoir

1. Je fais aUusîQB à certaines œuvres bien connues d'A. Belot e d'E. Zola.

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