Luys, ouv. cit., p
' duit, il n'a rien de plus pressé que de la porter à sa bouche. Le beau et le bon paraissent pour lui une seule et même chose. Lors même que de très-nombreuses expériences lui ont appris que tous les objets ne sont pas d'une dé- ' gustation agréable, il ne se défie, à première vue, que des objets notoirement offensants pour son goût; ainsi un enfant de trois mois, à qui Ton avait fait prendre des remèdes amers dans une tasse bleue, détournait la tête, grimaçait et pleurait, à la vue de la tasse bleue. — Un enfant de six mois, à qui l'on présenta pour la première fois un porteplume, un petit cadre, une paume, un livre, les porta successivement à sa bouche. Le besoin de combattre le picotement continuel de leurs-gencives est sans doute pour quelque chose dans ces mouvements, lorsque les enfants ont plus de quatre mois ; mais la raison principale en est la surexcitation des fonctions du goût, et des idées et sentiments qui s'y rapportent.
Les sentiments de joie et de peine qui se rapportent au goût restent dominants pendant les premiers mois, mais ils ne sont pas les seuls que le petit enfant éprouve,
La crainte, -s- Dès les premiers jours, l'instinct automatique de la* peur se montre chez l'enfant, On peut, d'ailleurs, trouver comme une manifestation obscure de cet instinct dans les tressaillements produits chez le fœtus par la frayeur subite de la mère. Une dame ayant été très fortement effrayée, trois mois avant la naissance de son enfant, sentit son fruit s'agiter convulsivement dans son isein. Cet enfant ne vécut que quelques mois, et produisait souvent, sans cause extérieure déterminante, ces soubresauts violents qui caractérisent la peur excessive, Ce sont là des effets d'imaginationisme incontestés, et contre lesquels une mère et son entourage doivent se prémunir, autant qu'il est possible,
Quant aux tressaillements, aux cris, à l'arrêt ou à la précipitation de la respiration, qui sont symptomatiques de