‹ La psychologie de l'enfantChapitre 57 sur 109 · DOTATION · texte numérisé non relu

DOTATION

tes : 1° action de se cacher et de se.montror tour à tour par manière de jeu ; 2° action do jeter une balle, après l'avoir va jeter par son frère ; 3° essai de souffler sur une bougie ; 4° essai d'éternuer en singeant celui qui vient d'éternuer ; . 5° essai de frapper les doigts sur le registre d'un piano. Il ne constate, à la même époque, « nul effort sensible pour imiter les sons entendus ». Du reste, le développement, ou l'apparition de cette faculté, se rattache pour lui au premier éveil de l'intelligence. Pour moi, qui admets de très bonne heure, chez l'enfant, la coexistence des mouvements auto* matiques et des mouvements copscienta et intelligents, je crois aussi, que, de très bonne heure la fonction imitativç se montre liée à ces deux sortes de mouvements.

Mécaniquement, en vertu des connexions nerveuses de l'appareil auditif et de> l'appareil phonétique, les jeunes oiseaux s'essaient 4 donner la note des oiseaux adultes qu'ils entendent chanter ; mécaniquement, les oiseaux parleurs cherchent tout d'abord à reproduire les mots et les bruits qui sonnent à leurs oreilles ; mécaniquement aussi, dès le second mois, à ce qu'il me semble, l'enfant ébauche des sons pour répondre à la voix ou accompagner, c'est-àdire imiter, à sa manière, les sons du piano. C'est de la même façon, qu'à l'âge de trois mois, ayant mécaniquement appris 4 enivre la direction du regard ou le mouvement de tête des personnes % qui le soignent, il regardera certains objets qu'il voit regarder, tournera quelquefois la tête du côté où il voit ces personnes tourner la leur, et cela, mais dans une mesure très restreinte, avec l'intention d'imiter. Le même fait se produit chez les animaux tout jeunes.

Bientôt, sa faculté d'observation et le jeu de ses organes se développant à la fois, le cercle de ses imitations s'élargira d'autant : par exemple, ses bras ébauchaient d'abord une foule de mouvements instinctifs vers leg ohjeta qui avaient attiré son attention et excité ses désirs ; l'imitation de gestes analogues qu'il voit faire avec auccès par d'autre?

l'excite à rei^ouvclcr ses tentatives et lui indique le moyen <f y réussir à son tour : à quatre mois, il tend avec plus d'assurance les bras vers les personnes qui le caressent, * il sourit mieux, il essaie même de rire, tout cela, grâce à l'imitation qui a renchéri sur les premiers efforts de la spontanéité. A six mois, il sursaute en voyant des personnes se balancer pour l'amuser, il caresse de sa menotte le visage de sa mère, il gazouille des formules inarticulées d'admiration en face d'un objet qu'on l'excite à contempler. Un peu plus tard, soammm et son ppp, plus ou moins spontanés, deviendront le mamamama et le papapapa, qu'on lui aura répétés cent fois par jour. Enfin ses premiers essais de la marche, moitié dus à son initiative, et moitié à la direction et à l'appui que ses éducateurs lui auront prêtés, se perfectionneront, jusqu'à un certain point, par son envie d'imiter les grandes personnes qu'il regarde marcher avec une observation si attentive. Combien d'autres progrès relatifs à l'exercice utile des sens et des membres sont hâtés par l'imitation, depuis l'âge de cinq mois jusqu'à l'âge d'un an !

Plus l'enfant avance en âge, plus les leçons de l'exemple l'amènent à diriger les opérations des sens, les opérations intellectuelles et les opérations morales. Par exemple, comme il a été dit plus haut, « on sent naître le besoin de manger quand on voit d'autres personnes qui mangent » ; et la conséquence pratique de ce fait sera de ne pas donner l'aiguillon de l'exemple à l'instinct de gourmandise inné chez l'enfant. Il en est ainsi de tous les actes qui relèvent plus ou moins directement de la sympathie, de la sociabilité, des tendances anti-sociales. Une petite fille a commencé à prendre, seulement à l'âge de quinze mois, les froncements de sourcils de son père, ses habitudes d'irascibilité, son ton de voix criard, et bientôt ses formules exprimant l'impatience ou la colère. A trois ans, elle disait gravement à un visiteur, avec lequel elle

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