ftibet, VHérédtté, p. 315. t'édit
impressions de la vie fœtale, soit les impressions régulières, soit surtout les impressions accidentelles, quoique élaborées par des organes imparfaits et inexercés, doivent avoir cependant, sur la constitution générale de l'esprit et sur ses dispositions particulières, une influence qu'il sera sans doute possible de déterminer dans de certaines limites. Ce sont là les premières lueurs de la vie spirituelle, dont l'aurore est le moment de la naissance. C'est la première page du livre, que le psychologue ne doit ni désespérer, ni trop se hâter de déchiffrer.
" Quelle est la nature ou l'intensité des sensations que nous supposons l'enfant intra-utérin apte à éprouver ? Ce sont probablement des sensations déjà intégrées et différenciées de bien-être et de malaise viscéral, des sensations musculaires, cutano-thermiques, tactiles, sapides, ces dernières moins distinctes, parce qu'elles sont moins variées que les sensations vitales et musculaires ; on peut même supposer, malgré l'imparfaite organisation de l'appareil auditif, que les vibrations sonores, transmises par les cloisons abdominales, produisent sur les parties déjà complètes de cet appareil des ébranlements! équivalant à un exercice rudimentaire et à des sensations grossières de l'ouïe. Quant à la distinction et à l'intensité de ces sensations hypothétiques, ce que nous pouvons savoir de la nature des sensations nous autorise à inférer qu'elles ne sont pas considérables
La physiologie contemporaine ne voit, en général, dans la, sensation que le résultat d'une altération des organes correspondant à chaque altération du milieu ambiant. L'intensité de la sensation est en raison directe de la résistance que les fibres de la sensibilité opposent à l'action des impressions extérieures : c'est la répercussion de cette action sur le sensorium qui produit la sensation. Le nerf de l'adulte est capable de supporter une plus forte excitation que celui du jeune enfant, et exige, pour éprouver