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vague, qui n’est pas le plaisir musical ; que la sensibilité toute nue ne coïncide pas avec la musicalité ; que La beauté musicale, indépendante des sentiments suscités, zonsiste dans les sons et leurs rapports ; qu'elle est un snchainement de formes sonores et que les percevoir tels qu'ils sont est la première tâche de l'auditeur, ‘omme construire et modeler ces belles formes est la première tâche du compositeur. Le formaliste et le fomantique s'entendraient pour lui dire qu'il se perd dans la passion éveillée par la musique plutôt que dans la musique elle-même ils lui reprocheraient tous deux lé caractère trop défini et trop extérieur, trop humain et trop individuel des sentiments que la musique évoque en lui ; ils le blâmeraient de rêver sur la musique, plutôt que de la réaliser d'abord : ce qui est peut-être là façon de sentir de l’auditeur non musicien. Îl ne Saccorderait guère qu'avec ceux qui voient dans la musique avant tout le chant, la voix, la passion humaine : 1 s'accorderait avec eux, nous le verrons, parce qu'il êst un peu leur disciple. |
- Il est juste d'ajouter qu'au delà des sentiments précis Ju'elle évoque, la musique est au fond un retour à la @sensation pure » au sens où Stendhal prend ce mot. Le son au dehors fait écouter les sons de l'âme (1). De
(1) La musique peut aller au delà des images : p. ex. la musique de Mozart: « Quelquefois la force de sa musique est telle, que Pimage présentée restant fort indistincte l'âme se sent tout à coup envahie et comme inondée de mélancolie ». Rossini, 28. L'effet
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là vient — et ceci encore l'empêche de considérer dé plus près le formalisme — que le plaisir musical n'es point un jugement ; « il faut oublier de juger pouravoï les illusions de la musique ; ce sont deux plaisirs que l'on doit se désabuser de jamais goûter ensemble » (1) « Le degré de ravissement où notre âme est portée es l'unique thermomètre de la beauté en musique ; tandis que, du plus grand sang-froid du monde, je dis d'ut tableau du Guide : « Cela est dela première beauté ! » (2} « La musique nous emporte avec elle, nous ne la jugeons pas. Le plaisir en peinture est toujours précédé d'un jugement » (3). | j De là peut-être aussi son caractère de tendresse « La musique est une peinture tendre : un caractè re parfaitement sec est hors de ses moyens. Comme pl tendresse lui est inhérente, elle la porte partout ; et c'est par cette fausseté que le tableau du monde qu'e présente, ravit les âmes tendres et déplait tant aux autres » (4). | H
Au terme de tous les arts, au point où le jugement qui commande un art déterminé se perd dans le ravis
auquel on peut reconnaitre une musique sublime : jeter l'âme dans une rêverie profonde. Rossini, 106. « Cette musique était telle ment analogue à mon âme ». Rossini, Apologié, éd. orig. 607. (4) Rossini, 114. CF. R.:N. F., 261.
(3) Histoire de la peinture, 273. :
(4) Histoire de la peinture, 273, R. N. F., 310. La Musique peint que les passions et que les passions tendres. |
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sement, cest la sensation pure qui apparaît, la révélation de l'âme à elle-même : donc la musique et Pamour. Les beaux paysages sont parfois comme un archet qui joue sur l'âme. Les montagnes et les caractères étrangers produisent un son sur l'âme (1). Par l'excès et la fatigue du plaisir, le sentiment poétique S'achève en sentiment musical (2). 11 y a dans tous les plaisirs indicibles un fond de sensibilité indifférenciée (3). Il y à un point d'émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les beaux arts et les sentiments passionnés (4). Il y à dans la sensibilité pure un fond de muscialfté (5).
Une fois de plus, on ne peut manquer d’être frappé de l'analog e entre la théorie de l'amour et la théorie de JL musique; un même mécanisme les gouverne : l'imagination et la rêverie sentimentale se déploient sous l'excitation de la sensibilité : ceci est la cristallisation. Le physique de l'amour, comme celui de la
(1) Brülard, 1, 18. Touriste, I, 11. Italie, 192.
« La même sensation m'est souvent donnée par un tableau ou dar un morceau de musique ». Brülard, |, 267. Voir la transcripin fréquente d'émotions plastiques en émotions musicales. Promenades, 1:20, 24 TN OT.