‹ La psychologie de StendhalChapitre 4 sur 69 · LB · texte numérisé non relu

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à STENDHAL ET L'IDÉOLOGIE

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] ë « Or, pour faire un homme supérieur, ce n’est pas assez d’une tête

< | logique, il faut un certain tempéra-

È- LA | | ment fougueux. »

(Mémoires d'un Touriste, 1, p. 3.)

«Si je n'ai pas the most undertandinz soul, j'ai du inoins une âme toute passion. » l É

(Journal, 130, 1805 )

Dans les beaux-arts pour être sus- <eptible de plaisir, il faut sentir fortement. En général les sages ne sont point tels. Par exception Aristote avait ce don d'analyser aujourd hui

avec une exactitude parfaite, la sen-

#4 : | sation puissante qui hier lui donnait un vif plaisir, « Quant au vulgaire - des philosophes, doués d’une logi-

que admirable, et’ qui sur tous les

autres objets du savoirou des recher-

ches de l'homme, luï fait éviter l’er-

reur, s'ils viennent à s'occuper des

— “beaux-arts, où d'abord il faut avant tout avoir senti avec force, ils ne

peuvent éviter le ridicule. Tel a été

parmi nous le sort de d’Alembert et

7 de tant d'autres qui valent moins que lui.»

(Rossini, p. 249.) - Stendhal n’est certainement pas un philosophe prossionnel, pas plus qu'iln'est un historien de l’art; on

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pourrait dire, modifiant une phrase d’un de ses biographes, que c'est un dilettante sentimental ou passionné, psychologue aigu, maïs sans système et par vues brèves et profondes (1).

Néanmoins Stendhal a sa place dans l’histoire de la psychologie française au xix° siècle : non seulement parce qu'il serait arbitraire d'en exclure les psychologues artistes, les maitres du roman psychologique, mais encore parce quil à fait profession officielle d'idéo* logie et qu'il a écrit, sinon un traité, du moins des … fragments d’idéologie. Toute sa vie Stendhal a fait pro- 4 fession d’idéologie. Dans sa jeunesse il a reçu à l’école centrale l’enseignement d'un disciple des idéologues, l'abbé Gattel (2) ; dès les premières années de la Correspondance, les maîtres de l'idéologie sont cités avec admiration. C’est Condillac d’abord-3), puis Helvétius « qui m'a ouvert la porte de l’homme à deux battants (4) », Cabanis « dont le livre : Rapport du Physique et du Moral avait été ma bible à seize ans (5) »; © Tracy «l'homme que j'ai le plus admiré à cause de ses

écrits, le seul qui ait fait révolution chez moi (6) » « le

(1) Arbelet, L'histoire de la peinture en Italie de Stendhal, p. 138.

(2) Voir Arbelet, La jeunesse de Stendhal, p. 273 et suiv.

(3) Corr., I, p. 11 (27 déc. 1800), 31 ; Les autres idéologues sont ramenés à lui. Corr., 1,.p. 138, 203. | -(4) Journal, p. 24.

(5) Souvenirs d’'Egotisme, p. 48. :

(6) /bid., p. 27.

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