PAPER PEUR
des fibres, débarrasse le tissu cellulaire des sues en excès ; l’activité des organes de la génération parait n'être qu'une cause secondaire et dépendante de la première. Mais plus loin, dans son résumé, il aligne sur le même rang la grande capacité de la poitrine, l’énergie des organes de la génération, la souplesse des solides, l’exacte proportion des humeurs, sans leur assigner d'ordre de dépendance ; et lorsqu'il s’agit du bilieux, plusieurs causes sont simultanément invoquées ; l'influence du foie et celle des organes de la génération se correspondent; faut-il expliquer par lactivité de la bile qui accroit celle de la circulation, ces membranes sèches et tendres, d'où résulte l'accroissement de sen- -sibilité des extrémités nerveuses ?
Cabanis aboutit à distinguer six tempéraments. Le sanguin et le bilieux s'expliquent comme nous venons de dire, le flegmatique par l'absence ou la diminution des caractères qui font Le bilieux et le sanguin. Le mélancolique est peint d’après Le bilieux, mais il lui attribue une constriction du système épigastrique et une raideur des solides qui porte à leur dernier terme les causes de résistance, alors que les movens de les vaincre n'existent pas. Le nerveux à système musculaire fort, le nerveux à système musculaire faible, l’athlétique ou musculaire n’ont pas besoin d’être autrement définis par nous.
Du reste ces tempéraments peuvent se mêler ou se compliquer ; l'équilibre est un idéal. D'autre part une
maladie est l'excès d’un tempérament. Les habitudes peuvent modifier, mais seulement jusqu'à un certain point, un tempérament (1). Par une hygiène appropriée, . on entrevoit le perfectionnement de l'espèce humaine. = Stendhal n’a guère fait que suivre de fort près Caba- 4 nis, en corrigeant ce « style vague » qui le désolait. IL emprunte à Cabanis ses remarques sur Le phosphore et sur l'électricité, il étend la portée de cette dernière observation de Cabanis par une remarque surle rapport È | du galvanisme et du magnétisme. IL suit très fidèlement Cabanis dans sa description des six tempéraments; ilne se préoccupe pas de respecter le monisme de Cabanis là où on Je voit s'ébaucher ; par exemple dans Le portrait du sanguin, il juxtapose plutôt qu'il ne relie les traits constitutifs. IL copie en somme Cabanis, dans un abrégé plus condensé et plus nerveux ; il ajoute quel- « ques touches sur l'aspect extérieur. Il traite à part | caractère physique et caractère moral. Quand il prétend citer textuellement (2), il ajoute et retranche, c'est- # à-dire qu'il se comporte exactement comme lorsqu'ilne ; cite pas. [Il ajoute à Cabanis quelques identifications » contestables : Français = Sanguin etc., quelques anecdotes, quelques traits d'expérience personnelle. Ceci est particulièrement frappant pour le mélancolique où
(4) V. le Mémoire : Des tempéraments acquis ; influence des maladies des régions, du climat. | (2) P. ex. p. 235 (Æistoire de la Peinture).
RGO PP ET PT APE PART PET FC EENNEPIET ©
ROME TEST AR ERREUR TANT EIRE RME) SF TONPSEE
Stendhal s'est plu à se reconnaître (1). Il ajoute à la doctrine des tempéraments, la science de la physionomie ou Lavater, et l'expression des mouvements.
Stendhal suppose l'unité de l'espèce humaine et sa variation par les climats et la région (2). Il réduit à quelques lignes Les copieux développements de Cabanis sur l'air, les aliments, les boissons, la veille, le sommeil, les divers travaux, mais il suit de fort près ses idées. La note de l'Histoire de la Peinture sur l’hérédité des caractères acquis est copiée de Cabanis (3).
- Plus tard il se ralliera à l’Anthropologie d'Edwards et le suivra dans sa description des races que l’on rencontre en France (4). C’est ainsi qu'il note fort justement l’enrichissement de la connaissance de l’homme.
« Après la dernière moitié du dix-huitième siècle, on a
: parlé de trois moyens de connaitre les hommes : la
science de la physionomie ou Lavater; la forme et la grosseur du cerveau, sur lequel se modèle les os du crâne, ou Gall: et enfin la connaissance approfondie.
(1) Comme l’a montré Arbelet, p.259, ce portrait est emprunté en grande partie à Pinél. Manie, p. 138.
(2) Cabanis, I, 435. Les tempéraments acquis « développés lentement et successivement dans les générations, confirmés par l’action constante de leurs causes et transmis des pères aux enfants,
à travers une longue succession d'années ». Voir Arbelet, 268-269,
(3) A. de la P., 238.
(4) Touriste, 1, 131 et suiv. ; Edwards et Jussieu, Brülard, 1, 290. Touriste, IT, 25 et suiv.
des races Gaël, Kimri et [bère que l’on rencontre en » France » (1). |
Mais cetteanalyse physique de l’homme ne dispense pas de la connaissance de l'homme moral. «Lorsqu'on | cherche à distinguer dans un homme la race Gaël, Kimri, ou Ibère, il faut considérer à la fois les traits . physiques de sa tête et de son corps, et la façon dont il s’y prend d'ordinaire pour aller à la chasse au bonheur » (2). Et il ÿ a au-dessus des passions, le revête- M ment social des mœurs. C'est ainsi qu'un même pays | se divise en zones de civilisation, dans la formation . desquelles les facteurs physiques, psychologiques et L. sociaux interviennent également (3). 4
La géologie morale découvre successivement les assises de la nature humaine, depuis Le remplissage « c’est. à-dire, ce que la politesse, l'usage du monde, la pru- . dence, fait sur un caractère » jusqu'au granit «le « caractère naturel d’un homme, sa manière habituelle ! de chercher le bonheur » (4). Dès que l'homme devra M faire q'ielque chose d’important à ses veux, ilsuivra le » contour de eranit de son caractère. |
(1) /Zbid , 26. Stendhal fait des réserves sur Gall. Promenades, : Il, 360. | 1 (2) Touriste, LU, 26. Cf. I[,-34. « Si le lecteur avait la patience « d’un Allemand, je lui aurais présenté pour chaque province le . récit authentique de la dernière cause célèbre qu'on y a-jugée ». Promenades, 1, 99. s (3) Pour le facteur géographique, v. Tourte Il, 87 et Brülard, Ï, 44. Pour les zones de civilisation en France, Touriste, I, 71; en . Italie, À. N. F., 8%, 382. Promenades, 1, 99. (4) Corr., 1, 248 (1822).
- È 2 ei © ur