‹ La psychologie des élusChapitre 22 sur 57 · VIII. —— On le voit donc, les sens ne sont nt · texte numérisé non relu

VIII. —— On le voit donc, les sens ne sont nt

cessaires à l’esprit que parce que le corps qui les

lui fournit a commencé par l’emprisonner. Que les barrières tombent, que les murs du cachot s’écroulent ; que les yeux el les autres organes

de connaissance sensible périssent sous les dé-

combres, l'intelligence délivrée se trouve mise en face des objets qui lui étaient cachés jusquelà, elle peut les saisir d’une façon différente sans doute, mais supérieure et que nous essaierons d'expliquer plus loin. Désormais elle ne sentira plus les réalités au milieu desquelles elle a vécu jusque-là, maïs elle les saura, et ne cessera pas de s’en entretenir et de les aimer.

N'en avons-nous pas une garantie dans ces paroles du Christ : « Je vous dis de même qu'il

y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui fait pénitence que pour quatrevingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de pénitence » ‘ ? |

Les événements de ce monde n’échappent donc pas aux élus. Ils savent quels sont les pé- cheurs, ils savent quels sont les justes, ils connaissent la persévérance de ceux-ci et la conversion de ceux-là. Ils font plus que savoir, ils ont conservé leurs sympathies pour nous. Ils se réjouissent de notre fidélité, ils exultent de nos retours, et, grâce à ces jets de lumière, à ces courants de sympathie qui vont de nous aux élus pour les éclairer et les réjouir, nous collaborons à leur bonheur, nous travaillons à leur couronne et aux accroissements de leur félicité.

« Les élus qui sont dans le ciel, conclut Mgr Méric après avoir rapporté les paroles du Christ que nous venons de citer, ne sont pas des étrangers aux grands événements religieux de la terre. Ils voient et 1ls connaissent le juste qui persévère et le pécheur qui se repent. Par un mystère que la raison ne comprend pas, leur joie ne cesse jamais d’être inaccessible à la tristesse, au chagrin, à la douleur, et néanmoins ils éprouvent un sentiment pénible quand un homme succombe, s’obstine au mal, perd son âme, et ils éprouvent un sentiment de joie quand le pécheur se relève ?. »

1. &« Dico vobis quod ita gaudium erit in cœlo super uno peccatore pœænitentiam agente, quam super nonaginta novem justis qui non indigent pœnitentia. » Luc. xvi, 17.

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