X. — Une restriction est ici nécessaire c pendant
Dans le monde des esprits, angéliques ou h mains, 1l y a des degrés. Les Anges supérieu ont une intelligence plus développée : ils voie d’une manière plus simple et plus profonde à fois. D’un seul coup d'œil, ils pénètrent le for
les êtres et embrassent de vastes horizons ; véitables aigles qui, plus proches de Dieu, voient le plus haut, saisissent d'immenses panoramas Jont aucun détail ne leur échappe. À mesure que l’on descend la hiérarchie des Anges, on ‘encontre des intelligences moins lumineuses, tu regard borné, aux affirmations moins nettes + ae Hat tés L'âme humaine qui vient u-dessous des Anges les moins bien partagés, ‘eçoit par conséquent une lumière Aer e es théologiens s'accordent à ne lui reconnaître, oncernant le monde matériel, qu’une connaisance imparfaite et confuse, vouée à l’impréciion des généralités et au flou des détails. Les iotions sur la terre et ses habitants manquent le clarté et n'apparaissent que dans une lumière acillante. Mais encore elles existent ; mais, en utre, elles ne peuvent qu'être pour la plupart upérieures aux notions si courtes que l’expéience ou l'observation nous fournissent 1ci-bas, t vouées elles aussi à la confusion des génératés. Si mal qu'elle voie en l’autre vie, l’intellience humaine voit donc mieux encore que sur 1 terre. l
Et puis, la théologie observe surtout, et elle st 1CI par as nent constante, que cette nperfection des connaissances de l’âme séparée oncernant les faits ou natures corporelles et rrestres, n’aflecte que les objets indifférents à âme, ceux avec lesquels elle n’a aucun lien Jécial. Mais qu'il s'agisse d'êtres chers et auxuels l'affection ou l’ te nous ont fortement Lachés, ou bien encore d'êtres que les liens
6o PSYCHOLOGIE DES ÉLUS
du sang ont unis à notre destinée, ou enfin de personnes auprès desquelles la Providence divine a résolu de nous confier une mission spéciale, sur ceux-là; la lumière d’outre-tombe projettera ses rayons très nets et nous renseignera spécialement. C’est la doctrine même de l’Ange de l'Ecole, incomparable Saint Thomas JUNE Avec lui, admettons donc que nous ne sommes connus que d’une façon fort vague dés âmes séparées qui nous sont indiflérentes et auxquelles nous sommes indifflérents; mais soyons persuadés que notre vie, que nos actes, que même les détails de notre existence sont perçus par ceux que nous avons aimés, par ceux que la mort a ravis à notre foyer et à notre étreinte, par ceux que Dieu nous a unis. Ils nous voient, nous vivons en leur présence aimée, sous leur regard plein de sollicitude.
XI. — Une dernière raison nous convaincra de cette douce vérité. Les saints canonisés nous voient, ils nous entendent, nous allons nous prostcrner devant leurs statues, nous leur adressons notre requête, persuadés qu'ils connaissent notre prière, qu'ils voient, non des yeux du corps, mais des ‘yeux de l'âme notre détresse et nos besoins. Ün saint Antoine de Padoue, un saint François d'Assise, une sainte Anne, un saint Joseph nous connaissent, nous voient et nous entendent puisqu'ils nous exaucent. Par dessus tout, Marie n'ignore rien des émotions de notre âme, des élans de notre cœur, des défaillances de notre énergie, des
IDÉES INFUSES Gr
soupirs de notre impuissance ; elle nous enve- Jloppe des délicatesses de sa tendresse et de sa prévoyance maternelle. Or, canonisés ou non, les élus participent à la même vie. S'ils ne jouissent pas de Dieu à un même degré, à coup sûr leur âme est dans la même condition d’existence, a les mêmes procédés de connaissance et de vouloir; ainsi tous les hommes ici-bas, à quelque niveau d'intelligence ou de vertu qu'ils se soient élevés, ont une nature semblable, une intelligence et des facultés capables des mêmes actes et soumises aux mêmes lois. Ce que saint Antoine, saint Joseph, saint François ou sainte Anne connaissent, tous les élus peuvent le connaître aussi : 1l n’y a pas une intelligence pour les saints canonisés et une pour ceux qui ne le sont pas, et l'Eglise, en déclarant sienheureux un de ses fils, n'’ouvre pas à sa
connaissance des horizons jusque-là fermés.
Si les saints m’entendent, mes morts bienaimés m'entendent donc eux aussi, et ils me suivent avec une pareille clairvoyance sur la route de ma vie.
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