VIII. — Du reste, les faits eux-mêmes nous
montrent qu'il y a compénétration du monde matériel et du monde spirituel, qu'il existe de
l’un à l’autre un commerce réel et des transac- |
tions perpétuelles. La matière elle-même dé-
nonce l'existence de l'esprit : 1ci-bas, en con-.
tact avec la série des espèces corporelles, nous savons nous élever jusqu'à la connaissance de l'âme, jusqu'à l’affirmation de Dieu. Les corps nous parlent des esprits, en un langage aussi
obscur, aussi incomplet que l'on voudra, mais ils nous en parlent. Appuyés sur leur témoignage, nous pénétrons du regard de la science dans la sphère spirituelle; à leur témoignage vient s'ajouter celui de la foi, qui nous révèle l'existence et la mission des Anges, et ainsi dès cette vie nous pouvons disserter sur l’autre monde, sur son organisation, sur ses membres et sur les liens qui les rattachent à nous. Comment dès lors ne pas admettre que les esprits puissent renseigner l’âme sur le monde corporel d’une façon beaucoup plus pertinente et certaine que celui-ci n'a pu le faire sur euxmêmes. Îls sont natures plus parfaites, supérieures de tous points. Il serait vraiment bizarre le silence des esprits sur les corps alors que ceux-ci savent dénoncer l'existence et quelque peu la nature de ceux-là ?
IX. — Oui, les esprits angéliques et Dicu luimême parlent à l’âme de ce qui se passe en ce monde, particulièrement ils l’entretiennent des siens.
N’en avons-nous pas pour garants l’enseignement de l'Eglise et la foi du peuple chrétien ? Quel est le fidèle qui ne croit à son Ange gardien, qui n'aime à le sentir près de lui, s’abriter sous son aile, à se rassurer parce qu'il en est vu, à lui parler parce qu'il en est entendu ? Chacun de nous a auprès de soi un Ange qui le voit, qui le connaît, qui perçoit sa prière,
assiste à’ toutes ses actions et enfin le protège. Or, nous savons que l’âme au ciel devient
comme un Ange, qu'elle est esprit dégagé de matière comme lui, qu’elle prend ses manièr de connaître, de vouloir et d'agir. À quel tit dès lors refuserions-nous à l’âme une présen à nos côtés, une vue que nous accordons l’'Ange ?
Peutètre dira-t-on que l’Ange a cette vue « vertu d’une disposition EUR. de la Prov dence qui l’ayant chargé de notre garde lui r vèle la suite de nos pensées et de nos actes. ( serait là un privilège tout particulier, qui cor cernerait l’ange gardien seul et qu'il faudre écarter de l'âme. — Mais n'y a-t-il pas au:
près de nous un tentateur, qui avec une ass duité terrible, nous escorte, connaît notre vi pénètre et essaie de diriger nos desseins ? | cependant celui-là est TE à ses propr forces ; il n’a ni lumières surnaturelles, mir vélations attachées à une mission spéciale.
faut donc reconnaître que les Anges, que qu'ils soient, bons ou mauvais, ont la y»
“des événements de ce monde, qu'ils y a sistent, qu'ils y sont mêlés souvent et que l’än des élus, qui partage leur façon de connaîtr jouit des mêmes connaissances.