‹ La psychologie des élusChapitre 36 sur 57 · RL, FT · texte numérisé non relu

RL, FT

Ge Pr Dr be pots

gences qu'ils auront mission d'instruire. A cette garantie de sécurité ils en ajoutent une autre d’universalité: ils savent beaucoup.

Ils se connaissent d’abord : substances purement intellectuelles et lumineuses, ils s’apparaissent pérpétuellement d’une façon totale.

Tandis que nous éprouvons tant de difficultés à nous connaître ; que nous sommes pleins de mystères pour nous-mêmes et qu'il reste toujours en nous des replis que notre regard n’a jamais fouillés, lAnge se connaît totalement. D'un seul coup d’œil et dès la première heure, il enveloppe et pénètre tout son être ; il sonde les profondeurs de sa nature. Il RARE rien de lui-même.

Et parce qu'il est une des plus sublimes

images de la divinité, parce que Dieu s’est

peint en lui avec complaisance, l’Ange, par le fait même qu'il se connaît, perçoit les grandeurs de celui qui l’a créé. À cette connaissance qui lui vient de la nature, ajoutons celle que Dieu lui donne en se révélant surnaturelle-

ment à lui, et concluons que l'esprit angélique

est un merveilleux trésor de lumières concernant la divinité.

Le regard de l’Ange, qui en se repliant sur lui-même saisit les mystères de la nature angélique; qui en se tournant en haut découvre de si grandes vérités sur Dieu; ce même re-

gard, promené autour de lui ou au-dessous de

lui, perçoit les autres Anges et tout le monde matériel. À quoi aurait servi à Dieu de créer ces légions d’Anges, s'ils devaient rester invi-

sibles l’un à l’autre, si Raphaël ne devait jamais apercevoir Gabriel, si l'Archange saint Michel était destiné à être éternellement ignoré du reste des esprits célestes ? Comment aurait été possible la lutte du commencement où les Anges fidèles se serrèrent avec un entrain sublime autour de leur Dieu, s’encourageant mutuellement par la puissance du bon exemple? Les Anges se connaissent entre eux; ils nous connaissent puisqu'ils nous gardent; ils connaissent le monde corporel, puisqu'ils président à ses mouvements et exercent sur lui, au-dessous de Dieu et par son ordre, une réelle providence. — Nonne omnes sunt adnuinistratoru spiritus in minislerium missi, propter eos qui hæreditatem capient salutis *.

VIL.— II y a une limite cependant à la science des Anges. Il y a en chaque esprit, il y a en chacun de nous un sanctuaire impénétrable à tous, sauf à Dieu et à la conscience. L’Ange a des

- pensées, des aspirations dont, avec Dieu, il sait

seul l'existence. Le lieu où se forment ces aspirations, où s’élaborent ces pensées, est un saint des saints dont l'accès est interdit à tous. L'Ange ne sait pas ce que pense son frère, il ignore les secrètes pensées de l’homme. Les choses qui sont de l’homme, dit l’apôtre, personne ne les connaît, sinon l'esprit de l’homme quiest en lui : Quæ sunt hominis, nemo novit nist spiritus homaunis qui in ipso est ?., Les mys-

Page 1