‹ La psychologie des sentimentsChapitre 19 sur 112 · Mantegazza, Fisiologia del piacere, p · texte numérisé non relu

Mantegazza, Fisiologia del piacere, p

3. Il y aurait une curieuse étude de psychologie pathologique à faire d'après le De Vita propria de Cardan, qui était manifestement ce qu'on appelle de nos jours un névropathe et un déséquilibré.

complaisante de la tristesse. Tout le monde peut être triste, mais n'est pas mélancolique qui veut. Je mentionnerai encore, en passant, les plaisirs du laid en esthétique, le goût des spectacles sanglants et des tortures que nous devrons étudier ailleurs.

Laissons les faits pour les essais d'explication qu'on a proposés : ils ne sont pas nombreux. Bouillier {ouv. cité) parait adopter l'opinion d'un Cartésien qui dit : <i Si l'âme dans tous les mouvements des passions, même les plus douloureux, est en quelque sorte chatouillée par une douceur secrète, si elle se complaît dans sa douleur, si elle ne veut pas être consolée, c'est qu'elle a la conscience que l'état où elle se trouve est l'état de cœur et d'esprit qui convient le mieux à sa situation i . Je ne comprends pas cette prétendue explication. J'aime mieux celle de Hamilton qui met la cause principale « dans le surcroît d'activité que donne à notre être tout entier le ressentiment de nos propres douleurs » . Ceci du moins est logique, puisque le plaisir est lié à son corrélatif ordinaire, un surcroît d'activité. — Spencer ' a examiné le problème plus longuement : ff J'appellerai l'attention sur un autre sentiment égoïste, surtout en raison de sa nature mystérieuse. Il y a un sentiment agréablement douloureux dont il est difficile de déterminer la nature et plus difficile encore de retracer la genèse : je veux parler de ce qu'on appelle quelquefois le plaisir de la douleur. Il semble possible que ce sentiment qui pousse l'homme en proie à la douleur à souhaiter d'être seul avec son chagrin et qui fait qu'il résiste à toute distraction, résulte de ce que c€t homme fixe son attention sur le contraste qui existe entre ce qu'il croit mériter et le traitement qu'il a reçu soit de ses semblables, soit d'un pouvoir supérieur. S'il croit qu'il a mérité beaucoup, tandis qu'il a reçu peu, et surtout si au lieu d'un bien c'est un mal qui est sunenu, la conscience de ce mal est adoucie par la conscience du bien qu'il croit mériter, rendue agréablement dominante par le contraste... Il y a en lui l'idée d'un grand déni de justice et un sentiment de supériorité à l'égard de ceux qui en sont les auteurs... Cette explication est-elle la vraie? je sens que ce n'est pas évident. Je la propose simplement à titre d'essai et j'avoue que cette émotion particulière

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