‹ La psychologie des sentimentsChapitre 62 sur 112 · Descartes, Ti'aité des passions · texte numérisé non relu

Descartes, Ti'aité des passions

pas bien clairement par qud procédé ces philosoplies déterminent leurs passions primitives ; il semble que c'est d'après leur caractère d'extrême généralité (sauf pour l'admiration). Quant aux autres passions, elles sont déduites et pour le bien montrer Spinoza a toujours soin, dans ses définitions, de ramener la passion dérivée à la passion primitive. Ainsi : « la crainte est une tristesse mal assurée qui provient de l'idée d'une chose future ou passée dont l'événement nous laisse quelque doute » '. En somme, leur méthode est géométrique etdéductive, surtout dans ï Ethique-, mais on peut, avec des modifications légères, l'adapter aux exigences de la psychologie expérimentale. Ainsi, dous avons déterminé les émotions primitives par l'obser^ ation — d'après leur ordre d'apparition chronologique, — non par leur caractère de généralité. Quant aux émotions dérivées, nous allons nous efforcer d'établir les conditions très diverses de leur genèse, non par déduction, mais par analyse ou sNiithèse et d'après l'observation, c'est-à-dire, autant que possible, par une méthode génétique. Nous avons parlé ailleurs des classifications et des difficultés insurmontables qui leur sont inhérentes ; aussi le but que nous nous proposons n'est pas : étant donnée une émotion composée quelconque, de déterminer son genre et son espèce; mais de savoir de quelle émotion primitive elle dérive et par quel procédé.

Ces procédés naturels de transformation du simple en composé me paraissent réductibles à trois : 1° par évolution; ;2° par arrêt de développement; 3° par composition (mélange et combinaison). Ces trois procédés peuvent agir isolément ou conjointement ; les émotions les plus complexes sont d'ordinaire le résultat de leur coopération. Nous allons les examiner successivement.

La transformation par évolution, complète ou incomplète, est le cas le plus simple et le plus général. Elle consiste, comme toute évolution, dans le passage du simple au complexe, de l'indilTérencié au différencié, de l'inférieur au supérieiu*. Elle dépend du dévelop-

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