‹ La psychologie des sentimentsChapitre 61 sur 112 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Ayant étudié l'une après l'autre clîacune des tendances quç nous tenons poui" irréductibles et l'émotion simple qui l'exprime, nous passons maintenant aux émotions composées. U n'est pas besoin de faire remarquer qu'une émotion simple (la peur, la colère, etc.) est en elle-même un phénomène très complexe et que « simple » signifie irréductible par l'analyse à une autre émotion. Sont composées toutes celles qui ne présentent pas ce caractère. Le problème qui se pose est donc celui-ci : comment des émotions primitives ou principales sont sorties les émotions secondaires et dérivées? Étant admis qu'il y a des émotions types et, d'autre part, l'observation de la vie humaine nous montrant des états affectifs très nombreux, avec leurs variétés et nuances individuelles, leurs transformations au cours des âges, comment cette multiplicité s'est-elle produite?

C'est sous cette forme que les maîtres du xvn« siècle avaient posé la question et je la reprends, parce que cette méthode me paraît bien préférable à celle des classiQcations, qui a prévalu depuis. On sait que Descartes n'admettait que six passions primitives : l'admiration, l'amour, la haine, le désir, la joie et la tristesse; « toutes les autres, dit-il, sont composées de quelques-unes de ces six ou bien sont des espèces et en tirent leur origine » ' , et il en décrit une quarantaine. Spinoza n'en admet que trois principales : le désir, la joie, la tristesse, et il en déduit les autres, qui, élimination faite de quelques répétitions, s'élèvent à quarante-six. Toutefois, on ne voit

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