‹ La psychologie et la phrénoloChapitre 1 sur 115 · CHEZ L. HACHETTE · texte numérisé non relu

CHEZ L. HACHETTE

F^IBRAIRfc DE l'uNIVERSITK ROYALI PI FRANCE,

r. lE PIERRE -SAUR AZTN, ^• 12-

A M. THÉODORE JOIFFROY,

PROFESSEUR DE PHILOSOriIIE i LA F.VCOLTÉ DES LETTRES , MEMBRE DE LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS.

Mor^SIEUR,

Il y a aujourd'hui vingt ans que vous faisiez entendre votre parole dans un des collèges de Paris , et que j'avais le bonheur de m'asseoir au nombre de vos disciples. Je dois vous rendre cet hommage, que devant une poignée d'enfants, cachés dans l'ombre d'un collège, vous donniez autant d'élégance et de force à vos expressions , autant de soin à vos analyses , autant d'àme à vos exhortations, que vous l'avez fait depuis dans de

cjloriciix' ampliiLlicàlrcs. PeiiL-cfre mcnic, monsieur, le public ne vous connaît-il pas encore tel que vous vous êtes révélé dans votre enseignement piMvé. A votre apparition dans les grandes écoles , chargé d'abord de l'histoire de la philosophie, et depuis un an seulement, de la philosophie dogmatique au moment même où vos forces trahissaient votre courage , vous n'avez pu développer encore ce vaste ensemble des sciences philosophifjucs que vous exposiez ailleurs dans tous ses détails, cette psychologie complètedont toutes les matières étaient rangées dans le bel ordre des sciences naturelles, et à laquelle se rattachaient par des liens étroits les autres branches de la philosophie, de telle sorte que toutes ces parties se soutenaient les unes les autres comme les assises d'un imposant édifice.

Pour nous, monsieur, qui avions été remis en vos mains, faibles enfants, ])pu fortifiés par l'inslrnclion nécessairement imparfaite des classes précédentes, auxquels on nnvait pu montrci' que des moi'ceaux détachés de l'anliquité littéraire et philosophique, e\ qu'oîi avait exercés à faii'c un peu nu hasard des discours sur des sujets de haute morale et do haulf politique, vous nous nvp/, ouvert 1rs ;\tux à une clarté nouvelle, nous avons nj)erru la base qui manquait à nos pi'cniiérrs compositions; nous avons vu s'éclaii-cirlcsmvstéiTs renfermés en nous-mêmes cl dans

le monde qui nous environne , et il n'a pas dépendu de vous que nous ne fussions désormais en possession d'une méthode propre à diriger toutes nos recherches , et à faire porter toutes nos démonstrations sur un sol ferme et inébranlable.

Permettez donc, monsieur, à l'un de ces disciples, qui, sans prétendre avoir mis de tels secours à profit, en a du moins senti l'importance, et a toujours conservé pour vous l'affection et le respect que méritent de pareils services, permettez-lui de vous offrir, en vous dédiant ce livre , un gage malheureusement trop obscur encore de sa reconnaissance.

Adolphe Garnif.r.

Page 1