‹ La psychologie et la phrénoloChapitre 11 sur 115 · DE L\ PSYCHOLOGIE. 4S · texte numérisé non relu

DE L\ PSYCHOLOGIE. 4S

On connaît maiotcnant en France les nombreuses et importantes discussions d'Hutcheson , de Richard Price, de Reid et de Dug. Stewart, pour distinguer le sens moral d'avec tout autre principe d'action , et notamment d'avec le sentiment de la bienveillance , et d'avec le soin de notre intérêt bien entendu (1). le docteur Broussais , en traitant de la bienveillance et de la conscience, conclut cependant en ces termes : « On peut être très- » bienveillant et n'être pas juste, ce qu'assurément les )) honnêtes gens qui étudient à priori et sur eux-mêmes » les facultés intellectuelles de leur espèce, n'auraient pas )) pu deviner (2).... On a dit, dans le xviii* siècle, que le » sentiment du juste était de l'égoisme bien entendu, )) Il n'y avait que la phrénologie qui pût dissiper cette )) erreur, en signalant pour les sentiments de justice et de » bienveillance , des organes différents de celui qui est » l'origine de la satisfaction de soi-même (3). »

La distinction entre la justice, d'une part, et de l'autre, la bienveillance et l'intérêt bien entendu , avait donc été établie par la psychologie avant de l'être par la phrénologie, et ceux qui n'auraient pas compris la distinction psychologique n'auraient pas été convaincus par la prétendue démonstration organique. Gall, sans tenir compte de l'organe attribué par Spurzheim, à la justice, a continué de confondre la justice et la bienveillance {k).

Aussi , M. le docteur Broussais , entraîné par la force

(1) HutcheSOn , Recherches sur l'origine de nos idées de la beauté et de la vertu ; Système de philosophie morale. Price, Rente des principales questions morales, etc. Reid, G"^ VOl., de la p. 136 à la page 393. Stewart, Esquisses, p. 173 à 198, Facultés ncti^-es , t. 1 , 1. 2.

{2) Cours de phrén.,^. Zii.

(3) Ibid., p. 370.

[(4) *• vol., p. 103et8UJV.

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de la vérité , en vient-il non-seulement à rendre explicitement hommage à I école psychologique d'Ecosse (1) , mais encore à invoquer lui -môme Tobservation intérieure ou psychologique en plusieurs endroits de son ouvrage et notamment à propos de la vénération , de !a merveillosité , de la durée , de la causalité , de la distinction de ridée et de l'émotion (2). « Les sentiments ot )) les instincts , dit-il , ne sont pas susceptibles de défi- » nition.... ils n'ont aucun attribut sensible que puisse •» signaler la description ; ce sont des faits primitifs qu'il )) faut avoir éprouvés pour les connaître ; il s'agit donc » de les nommer, d'en montrer l'application , et d'en ap- » peler à la conscience de chacun , sauf à nétre pas » entendus par ceux qui ne les auront pas éprouvés (3). » Tel est en effet le secret des débats en psychologie : ceux qui n'éprouvent pas un sentiment le retranchent de la liste des fairultés humaines, et notre docte adversaire fait plusieurs fois laveu que l'organologie ne sera pas plus puissante à faire cesser tout désaccord.

s 3. Métbodepsychologique.

Les phrénologistes , qui ont , sur divers points , établi les uns contre les autres une discussion toute psychologique , no sélonneront pas d'en voir diriger une contre l'ensemble de la phrénologie. JNous examinerons donc si cette doctrine a véritablement reconnu sur tous les

(1) (niirsdijj/irén.,p. l:jfi-141.

(2) /'>id.,i>.U\, 415, 491, 048 et 732. ^3) /bid.. p. 3ii.

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