‹ La psychologie et la phrénoloChapitre 31 sur 115 · SEINS EXTÉRIEURS · texte numérisé non relu

SEINS EXTÉRIEURS

matériels , parce qu'elles sont le point de départ de toutes les autres facultés de l'inteliisence. Si vous demandez au vulgaire, etm.ême à beaucoup de philosophes ce qu'ils entendent parmi objet matériel , ils vous répondront que c'est un objet qui est connu par les sens. Si vous leur demandez ce que c'est que les sens , ils vous diront que ce sont les facultés qui ont pour intermédiaire des organes matériels ; de sorte que si vous leur demandez encore pourquoi les organes sont appelés matériels, ils s'apercevront du cercle vicieux et demeureront sans réponse. En effet , ils auront dit que la matière est ce qui se connaît àFaide de la matière ; ils auront défini le même par le môme. Descaries disait : la matière c'est l'étendue, et 1 immatériel c'est l'inétendu. Mais cette déflnition fait évanouir la différence du corps et de l'espace, et en effet Descartes identifiait l'un et l'autre, et niait le vide (1). De plus, Descartes atjjibuail à l'àme un pouvoir de s'étendre , non pas quant à son essence mais quant à sa puissance (2) ; il disait que l'âme est unie à toutes les parties du corps , qu'elle est présente tout entière à chacune d'elles (3). Enfin, il attribuait à Dieu une étendue de puissance qui était partout présente , quoique ce ne fût pas à la manière des corps (V). Il restait donc peu de chose de la distinction, qu'il avait d'abord posée entre le corps et l'esprit, le matériel et l'immatériel , puisque l'âme et

(1) Principes de la pliilosophie, 2» partie, n" 1013-lC-t'J. Ilf^ula nd dircctionem ingenii , n» 115, el Lettres '2C 28-30-50-58, éllit. iM'\h fitéc. <

(2) Lettre 1^, h la (in.

(;i) Passions de i'dme, V" parlic, 45-50. ('.) Lettres £0 38-30, à la (in.

ou Pl'RCEPTlONS FATF.RNKS. ' 99

Dieu avaient une certaine étendue comme lamalière. Voudrait-on définir la matière par l'impénétrabilité? mais avant de concevoir l'idée que la matière est impénétrable , il a fallu connaître dabord quelque chose à quoi Ton donnât le nom de matière; Tidée d'impénétrabilité est une idée évidemment ultérieure , et ce n'est pas là ce qui nous frappe d'abord dans ce que nous appelons la matière. Dire que la matière ou le corps est ce qui nous résiste , ce serait dire que la matière est ce qui résiste à notre corps, et alors reviendrait la question de .savoir comment nous acquérons la connaissance de notre corps. De pins , pour acquérir 1 idée d'un corps , il n'est pas besoin que ce corps nous résiste , c'est-à-dire que nous fassions etîort contre lui : laissez voire bras nonchalamment éîendu sur une îabîe, vous aurez l'idée d'un corps, c'est-à-dire d'une étendue touchée, sans avoir l'idée de résislance. Supposez que sur ce bras se pose doucement la main d'un ami, vous ne ferez pas effort contre elle, elle ne vous résistera pas, et cependant vous aurez encore ici l'idée de ce que tout le monde appelle un corps. Si nous examinons attentivement ce que nous appelons un corps , nous verrons que c'est une étendue que nous touchons ou qui nous touche. Toucher est un mot indéfinissable et dont tout le monde comprend le sens : il emporte avec lui l'idée dune étendue, mais non pas d'une étendue pure et vide comme celle de l'espace , ni d'une étendue résistante, ainsi que nous lavons montré dans les exemples précédents. Une étendue (angilde est une étendue susceptible d être touchée, une étendue touchée est celle que nous sentons soit volontairement, soit involontairement, une étendue tangente est

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