‹ La psychologie et la phrénoloChapitre 55 sur 115 · LOIS COMMUNES A TOUTES LES MÉMOIRES · texte numérisé non relu

LOIS COMMUNES A TOUTES LES MÉMOIRES

dément ému notre sensibilité ou qu'il s'est fréquemment offert à notre perception , sou souvenir nous poursuit pendant un certain temps ; il se reproduit presque à chaque minute , sans que les objets au milieu desquels il revient lui aient été associés lors de l'acquisition première; mais une fois cette préoccupation effacée, une conception ne s'offre jamais d'elle-même et comme spontanément à l'esprit; elle est toujours amenée soit par une perception présente, soit par une ou plusieurs conceptions dont lapremière a été suscitée elle-même parune perception actuelle. Si l'on examine le rapport de cette perception et de la représentation qu'elle suggère, on s'aperçoit que leurs objets ont été précédemment connus dans un temps contigu ou simultané, comme dans cet exemple fameux emprunté parDugald Slewartà Hobbes. Au milieu d'une conversation politique sur larévolution anglaise de IGiO, quelqu'un demande la valeur du denier romain : voilà un souvenir qui paraît spontané et dépourvu de toute liaison avec les objets de la perception présente; on s'étonne de la question ; celui qui l'a faite cherche comment il a pu s'y laisser conduire et voici ce qu'il trouve : l'idée du denier lui a été suggérée parcelle de Judas qui a vendu son maître trente deniers, celle de Judas par celle de Jésus trahi , celle de Jésus trahi par celle de Charles I", livré à ses ennemis par trahison, et celle de Charles F' par la révolution môme sur laquelle roulait l'entretien. Si l'on examine quel est le rapport de tous les objets de ces conceptions qui s'enchaînent et le rapport de la conception première avec la perception actuelle , on verra toujours que c'est la liaison chronologique des perceptions premières. M. G. Combe a cru devoir attaquer cette théorie

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psychologique de renchaînement des conceptions : « Les métaphysiciens, dit-il, croient que nos pensées se suivent dans un ordre établi de succession, et ils ont essayé d'analyser les circonstances qui déterminent cet ordre. Une telle entreprise paraît impossible au phrénologiste. Si nous plaçons un certain nombre de personnes sur le sommet d'une colline pour regarder une campagne, une rivière , une grande cité , la personne chez laquelle dominera l'idéalité sera enchantée de la beauté et de la magnificence de la nature ; celle qui aura l'organe de l'acquisiveté , pensera au profit des fermes , des bateaux , ou aux ouvrages nécessaires pour élever les cheminées qui jettent des nuages de fumée dans fair ; Tindividu qui aura Torgane de la constructivité critiquera les lignes des routes ou des rues , et Tarchitecture des bâtiments; l'homme bienveillant et porté à la vénération pensera aux sources de jouissances répandues devant lui, et éprouvera de la reconnaissance et du respect pour un créateur plein de bonté dont l'idée s'élèvera tout à coup dans son esprit. Un métaphysicien, en réfléchissant sur les idées que cette vue fera naître dans son esprit, s'occupera à découvrir les lois de Tassociation , pour être en état de juger des idées qui se présenteront aux esprits des personnes qu'on a ici supposées. Cette attente cependant est évidemment vaine , parce que les impressions originales reçues par chaque individu , diffèrent entièrement de celles éprouvées par tous les autres , et l'association des idées et des sentiments de chacun doit être celle que la nature particulière de son esprit a formée à la première vue de la scène (1). »

(1) Nouv. manml, p. 83V-4I.

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