CRITIQDE DE LK FACULTÉ DE LOCALITÉ
§ *. Critique de la faculté de localité.
Quant à la mémoire de la localité des objets visibles ou tangibles , ainsi que nous l'avons déjà dit , elle ne diffère qu'en degré de celle de la forme. L'aveugle qui sait se guider dans le labyrinthe dune ville , juge par là des droites , des courbes et des angles formés par les rues : il apprécierait à plus forte raison les lignes terminant un corps qu'il tiendrait dans ses mains. Et celui qui reconnaît avec les yeux les détours d'une forêt , comment ne reconnaîtrait-il pas les linéaments d'un visage? L'appréciation de la localité, soit à l'aide du toucher, soit à l'aide de la vue , me paraît donc rentrer dans celle de la forme et de l'étendue , soit tangible , soit visible.
Si la phrénologie ne confiait à Torgane de la localité que la mémoire des lieux , cet organe ne serait qu'un renforcement des organes assignés à la mémoire de la forme et de l'étendue ; mais on lui attribue encore d'autres fonctions qui sont inconciliables avec les premières. D'abord , on lui accorde un pouvoir de divination , en vertu duquel certains animaux retournent à leur gîte par des chemins où ils n'ont jamais passé. Si les animaux étaient doués du pouvoir d'imaginer des lieux qu'ils n'auraient jamais vus , ou ils imagineraient toujours les mêmes, ou si leur imagination élait inlinie en ce genre, on , ne comprendrait pas trop comment ils imagineraient justement les lieux dont ils auraient besoin. Qu'un chien soit emmené de Lyon à Naples par Marseille et la mer, peut-on croire qu'il va justement imaginer le chemin de Kaples à Lyon par