‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 101 sur 181 · BASE DE LA SOUS DIVISION · texte numérisé non relu

BASE DE LA SOUS DIVISION

sir, et de l’autre, l’affection désagréable ou la peine , ces deux affections doivent être plutôt considérées comme deux modes inséparables l’un de l’autre que comme les effets de deux facultés différentes. Il y a des objets qui plaisent et d'autres qui déplaisent par eux-mêmes ; mais la privation d’un objet agréable produit une peine , de même que l’absence d’un objet désagréable produit un plaisir. Les deux espèces d'affections peuvent donc naître soit immédiatement soit médiatement à propos de tout objet, et de là vient l’ancienne allégorie sur l’union indissoluble de la peine et du plaisir.

« L'étrange chose, mes amis, que le plaisir, dit So- » crate, dans le Phédon, et comme il a de merveilleux » rapports avec la douleur , que l’on prétend son con- » traire ; car si le plaisir et la douleur ne se rencontrent )> jamais en même temps, quand on prend l’un il faut )> accepter l’autre, comme si un lien naturel les rendait )) inséparables. Je regrette qu’Esope n’ait pas eu cette )> idée , il en eût fait une fable; il nous eût dit que Dieu » voulut réconcilier un jour ces deux ennemis, mais que » n'ayant pu y réussir , il les attacha à la même chaîne , » et que pour cette raison, aussitôt que l’un est venu, on » voit bientôt arriver son compagnon ; et je viens d’en » faire l’expérience moi-même, puisqu’à la douleur que » les fers me faisaient souffrir à cette jambe , je sens )> maintenant succéder le plaisir (1). »

De plus, l’objet agréable peut à la longue produire la satiété et même le dégoût; et l’objet désagréable finit par devenir indifférent, et même quelquefois par causer

(1) Œuvres de Platon , trad. de M. Cousin, t. 1; p. 191.

I)ÜS AiTECTIONS.

une de ccs émotions quon appelle

plaisirs factices ou

goûts dépravés.

Toute affection implique une prédisposition à être af-

fecté. Quelques personnes appellent cette prédisposition du nom de tendance , amour , inclination , etc., peu importe le terme. Dans ce point de vue , il n y a pas deux phénomènes différents, dont 1 un soit le plaisir et l'autre l’amour ; il y a entre le plaisir et l’amour le rapport de l’effet à la cause : îe rapport est le même entre le déplaisir et ia haine, la répugnance, l’aversion.

Si l’objet agréable est absent, et que cette absence nous soit pénible, la peine prend alors le nom de désir.

Si l'induction nous montre que les chances favorables au retour du plaisir l’emportent sur les chances défavorables, cette induction et 1 affection agréable qui en résulte s’appellent espérance ; dans le cas contraire, l’induction et la peine qu’elle produit se nomment crainte . Lorsque c’est le déplaisir qui est absent, l’espérance et la crainte ont lieu dans l’ordre inverse, mais elles se composent toujours, Finie d’induction et de plaisir, l’autre d’induction et de peine.

La passion est un état habituel et violent d’affection et de désir. Toutes les observations précédentes sont dues à ia sagacité de Locke (1).

Le plaisir actuel réagit sur l’induction et nous fait bien augurer de l’avenir ; la souffrance exerce une action contraire, et jette un sombre voile sur les événements futurs. C’est une disposition que chacun a pu remarquer accidentellement en soi-même. Il arrive de là ,

(1; tissai sur V entendement humain, liy. ïl, ch. XX, § 1-16.

que les personnes qui sont plus profondément pénétrées par le plaisir et plus indifTérentes à la peine, se trouvent plus généralement disposées à l’espérance, et que la disposition contraire se rencontre dans ceux que le plaisir ne fait queiïîeurer, tandis que la peine les déchire.

S 2. Critique de la faculté d’espérance.

Spurzlieim a proposé une division des facultés affectives en penchants et sentiments : « Quelques facultés af- « fectives, dit-il, ne donnent qu’un désir, une inclination, )> un penchant, ou ce qu on appelle instinct dans les » animaux. Ces facultés sont presque soustraites à la vo- » lonté. Je les appellerai penchants . D’autres facultés af- » fectives ne sont pas bornées à un simple penchant , )> mais elles éprouvent quelque chose de plus , cest ce » qu’on nomme sentiment (1). » Ce quelque chose déplus n’est pas un caractère assez distinct pour que nous adoptions une pareille classification.

Le même auteur, contrairement à 1 avis du docteur Gall (2), a cru devoir faire une faculté spéciale de l’espérance. cc II faut, dit-il, distinguer l’espérance d’avec le )> désir ; chaque faculté désire, mais chaque faculté n'es- » père pas. On peut désirer ardemment et ne rien espé—

)} rer L’espérance fait croire à la possibilité de ce

» que les autres facultés désirent; elle dispose à admettre » l’immortalité de l’âme; elle se montre trop active chez

(1) Obs.t p. m-183-18i.

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