‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 28 sur 181 · OMISSION DE LA FACULTÉ MOTRICE · texte numérisé non relu

OMISSION DE LA FACULTÉ MOTRICE

» la résistance des corps (1)... La physiologie et la pathologie, et en partie l’anatomie, prouvent la difie- » rence qui existe entre les nerfs des mouvements vo- « lontaires et les nerfs du toucher. Les premiers ne » peuvent propager les impressions des seconds ; les nerfs » du mouvement reçoivent leurs impressions du dedans , » les nerfs du toucher reçoivent leurs impressions du » dehors. La langue a trois sortes de fibres nerveuses : la » première pour le goût , la seconde pour le toucher, la » troisième pour le mouvement (2). »

Montrons dabord que cette faculté intérieure qui emploie les nerfs des muscles à la perception de la résistance des corps , n’est pas toujours la volonté ; car Spurzheim , dans l’opposition qu’il fait du mouvement et du toucher, se sert le plus souvent des mots de mouvement volontaire. Le mouvement instinctif, tel que celui que nous exécutons pour repousser une attaque subite ou pour recouvrer notre équilibre , n'a pas eu le temps de devenir volontaire ; le mouvement habituel, comme celui qui préside à un geste que nous ne remarquons même plus, a cessé d’être volontaire. Or, pendant l'exercice de ces mouvements , si nous rencontrons un corps extérieur , nous en apprécions à l’instant non - seulement la température et l’étendue , mais encore le degré de résistance, c’est-à-dire la mollesse ou la dureté. Donc la faculté qui préside à l’action du muscle , et à l’aide de laquelle nous connaissons la résistance des corps étran-

(1) Obs.t p. 2 U.

(i) Ol/s.f p. 236.

7 * OMlSSiON' DE LA FACULTÉ MOTRICE.

gers est présente ici en l’absence de la volonté; et je crois que les phrénologistes nous accorderont celte conclusion. Maïs cette faculté intime , cette faculté qui est moi, puisqu elle peut devenir perceptive, agit sur les nerfs du mouvement et sur les muscles avant de connaître, à laide des muscles et des nerfs, la résistance des corps externes. Elie n’a du reste aucune connaissance des nerfs et des muscles qu'elle met en action. Donc avant de percevoir la résistance du corps extérieur , elle n’est nullement perceptive ou intelligente ; elle est motrice , et voilà tout. Il arrive meme qu’elle se déploie souvent sans rencontrer de résistance extérieure ; et , dans ce cas, le mouvement se distingue encore mieux de la perception. Nous avons vu plus liant que cette faculté motrice peut être mise en œuvre par la volonté , comme les forces intellectuelles ou affectives , mais qœeile n’est pas la volonté, et qu’elle se déploie sans le concours de celle-ci. Or, s’il y a une faculté motrice qui n est pas la volonté, qui n’est pas non plus nécessairement perceptive, puisqu’elle peut s’exercer sans perception , on ne doit la ranger ni dans la volonté ni parmi les facultés intellectuelles. Elle n’appartient pas non plus aux facultés affectives, parce qu’elle n’est pas du plaisir ou de la peine, de l’amour ou de l’aversion. Il faut donc lui faire sa place à part dans un tableau général des manifestations du moi . Nous ne devons pas cacher la volonté et la faculté motrice derrière l’intelligence et l'affectivité, mais les placer toutes les quatre sur le même plan, et proclamer, dès le début, que l ame est une force intelligente, affective, motrice et volontaire.

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