ORGANOLOGIE DE LA FACULTÉ MOTRICE
Plusieurs philosophes anciens avaient placé la faculîô motrice au rang qui lui convient sur le tableau général des facultés de l ame. Dans les temps modernes , les Écossais font laissée confondue avec les affections sous le
nom de facultés actives. M. Th. Jouffroy a , depuis, réparé cette faute, et, dans son enseignement, il a fait reparaître la faculté motrice sur le premier plan de la division des facultés.
Parmi les phrénoîogistes il n’y a que M. Broussais qui ait suivi la même marche. Il partage les faits pbrénologiques en quatre classes : 1° les instincts ; 2° les sentiments; 3° les facultés intellectuelles; 4° les mouve-
ments (1). Si le célèbre médecin avait considéré que les facultés qu’il appelle instincts rentrent pour une part dans les mouvements, et pour l’autre dans les affections de plaisir, de peine , d’amour et d’ aversion , et par conséquent dans les sentiments , il aurait établi une division comprenant : i° les faits intellectuels; 2° les faits affectifs; 3° les impulsions ou motions, et à laquelle il n’aurait manqué que; 4° les voûtions pour ressembler à la classification que nous venons de proposer.
S 2. Incertitude des phrénoîogistes sur l’organe de la faculté motrice.
La faculté motrice est comme l’instrument docile de toutes les autres facultés. Celles-ci lui font produire des mouvements spéciaux appropriés à la satisfaction de leur tendance particulière. Ainsi l’appétit, par exemple , fait exécuter à l’enfant le mouvement de succion , de déglu-
1) Cours de phrén p. 3.
ORGANOLOGIE
tiüou , etc. Chaque faculté intellectuelle ou affective ayant son siège particulier dans le cerveau, d'après l'hypothèse phrénologique, il se présente une question organologique fort compliquée à l’égard de la force motrice : 1° Cette force réside-t-elle comme les autres dans le cerveau ? 2° N'existe-t-il dans le cerveau qu'un seul organe de la faculté motrice , que les autres facultés dirigent à leur manière, ou bien Forgane de chaque autre faculté est-il en meme temps Forgane des mouvements qu elle détermine ?
Les phrénologistes se sont partagés sur cette question.
« Le cerveau , dit Gaîl , est, à l’aide de la moelle épi- » nière , en liaison avec les instruments du mouvement )> volontaire. Chacun des organes met à son unisson les » instruments des sens , les muscles, et par là les extré- » mités du corps (t). »
Ainsi d’après Gall la faculté motrice n’aurait pas son siège dans le cerveau , mais dans les nerfs , qui agiraient en sympathie avec les dispositions de l’encéphale.
Spurzheim a changé cette théorie. Il pose un organe cérébral de la perception du poids qui met en jeu les nerfs du mouvement (2). « Les idées du poids, de la résistance, » dit-il, ne peuvent s’attribuer à aucun des sens exté- » rieurs. Pour les acquérir, les muscles sont employés par
)> une force intérieure (3). » Ailleurs il avait dit : « Le
)> mouvement qui a lieu avec connaissance et volonté ré- » suite d'une causeintérieure (4) . » Il attribue ici à Forgane cérébral, non-seulement la connaissance de l’effort, mais
(1) Anatomie , etc., t. ÏV, p. 291.
(3) Manuel y p. 56.
(4) Obs, y p. 244.